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Ils ont les prophètes : qu’ils les écoutent…

Nul n’aime se faire reprocher sa conduite ; il faut reconnaître que changer de mode de vie ou d’attitude face à une situation suppose un effort souvent difficile à décider. Lorsque nous parlons de prophètes, il s’agit souvent de « prophètes de malheur » c’est-à-dire que quand ils dénoncent l’injustice, c’est pour annoncer sa kyrielle de grosses catastrophes à venir.

Depuis les temps les plus reculés, nous trouvons des hommes et des femmes capables d’appeler leurs contemporains à un changement d’attitude pour plus de justice entre eux. Parmi les plus connus, Isaïe, Jérémie, Elie, Osée, Amos, Sophonie… Tous ont su interpeller leur peuple : « Attention ! Si vous continuez à prendre la femme d’un autre, vous créerez des malheureux… Si vous continuez à vivre dans l’injustice, vous multiplierez les malheureux… Si vous oppressez le pauvre, la veuve et l’orphelin, vous les précipiterez dans le malheur… » Ces « empêcheurs de tourner en rond » nous gênent ; ils nous donnent mauvaise conscience. Quel rapport avec notre actualité ? Je vous laisse répertorier les menaces qui touchent notre monde et découvrir – peut-être – ceux et celles qui crient dans le désert, espérant être entendus. J’en resterai ici à un domaine particulier.

Dans les années 70 déjà, un certain René Dumont cherchait à nous sensibiliser au gaspillage. En 1974, il levait un verre d’eau, comme pour trinquer avec nous en disant : « Je bois devant vous un verre d’eau si précieuse… » René Dumont passait pour un « clown » pour beaucoup de ses contemporains. Depuis plus de trente ans, des hommes et des femmes nous mettent en alerte face aux dégâts que nous produisons sur notre planète et aujourd’hui, un nouveau rapport du Groupement Intergouvernemental d’Experts sur l’Evolution du Climat (GIEC) est publié. Ses conclusions ne sont pas nouvelles et le scénario le plus optimiste est déjà alarmant. La vérité qui dérange est plus que confirmée. Qu’en faisons-nous ? Allons-nous nous enferrer dans une voie de destruction de notre biosphère ? Allons-nous continuer à dormir sur nos deux oreilles nous convaincant qu’après tout, ce n’est pas si catastrophique ? Pouvons-nous passer sur cette terre avec pour seule ligne directrice : « Après-nous le déluge » ?
Chacun de nous s’est au-moins une fois extasié devant la beauté d’un paysage grandiose ou l’une des multiples merveilles de la création. Pouvons-nous vraiment affirmer qu’il nous est égal d’abîmer la Création que nous avons reçue gratuitement et que nous allons transmettre gratuitement à nos enfants ? La vie nous est offerte avec tout le cosmos et ce qui vit sur terre, dans la mer et dans le ciel. La création nous est offerte en gérance : rien ne nous appartient, tout nous est confié. Le Créateur nous fait confiance ! Le monde et ses richesses nous sont confiés pour que nous les gérions de telle sorte que tous puissent vivre décemment : non seulement tous les peuples existants aujourd’hui, mais toutes les générations futures. N’oublions aucun des bienfaits reçus ; ne risquons pas d’ajouter le péché écologique à ceux de l’oubli et de l’égoïsme. Si le péché de l’homme enténèbre notre monde, l’Esprit, lui, renouvelle sans cesse la face de la terre à travers l’homme de bonne volonté. L’Esprit nous parle de multiples façons, entre autres, par les prophètes… encore nous faut-il les écouter !

Laissons monter en nous une louange digne de l’excès de la puissance et de la beauté du monde lors d’une promenade en pleine nature, sous un ciel étoilé, devant la prodigieuse complexité organisationnelle des êtres vivants ou le miracle quotidiennement répété de se réveiller au début de toute nouvelle journée. Que notre émerveillement sans cesse renouvelé devant l’extrême beauté de la création et les mystères de l’infiniment grand comme de l’infiniment petit nous garde du gâchis des richesses de la nature et de la destruction de notre écosystème.

Sr Florence, csj St Martin Belle Roche Le 1er octobre 2013

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