« Pensées sur Dieu » (Th. Avila)

C’est avec joie, que la communauté de Mechref a accueilli, en cette veille de solennité où le Carmel fête sainte Thérèse d’Avila, une vingtaine de personnes venues se ressourcer pour une matinée de récollection. C’est avec un temps d’oraison qu’a commencé notre journée, suivie d’un temps d’enseignement dispensé par le Père Georges Abi Saad, un familier du Carmel et de notre communauté. Le thème qu’il avait choisi, s’appuyant sur le chapitre 2 des « Pensées sur Dieu » de sainte Thérèse, était « La paix intérieure ». Cet écrit rédigé entre 1566 et 1574, est une méditation de Thérèse sur le Cantique des Cantiques et qui l’amène à parler de « la paix que Dieu donne aux âmes dans l’oraison, à l’oraison de quiétude et l’oraison d’union ».Dans ce chapitre 2, sainte Thérèse parle de neuf sortes de fausses paix qu’offrent à l’âme le monde, la chair et le démon. Il s’agit donc pour elle, et pour nous, en choisissant le chemin de sainteté et de la relation au Seigneur (qui est première), de recevoir la Paix véritable, un don qui vient de Dieu seul.

  • La première fausse paix est celle d’une conscience anesthésiée, qui n’est plus vigilante, qui n’est plus en état de trouble ou de souffrances si elle se sent séparée de Dieu. Ici, au lieu de recevoir l’amour de Dieu qui est plus grand que son péché, elle essaie d’apaiser ses tourments en se justifiant : « d’autres sont pires que moi », ou « je fais quelques bêtises, mais dans d’autres domaines je suis bien, etc. … »
  • La deuxième fausse paix est de chercher les honneurs du monde et l’estime des gens pour chercher à être aimée. Mais chercher l’estime du monde la mène à la faiblesse intérieure, car alors, l’âme n’est plus du tout capable de porter la croix, ni d’entamer une œuvre en la menant jusqu’au bout. Elle se sent toujours contrariée, elle est fragile dans ses décisions. Avec cette préoccupation des honneurs, elle ne peut plus être disciple du Seigneur. Sa vie, bâtie sur le sable, est sujette au changement.
  • La troisième fausse paix est de chercher son propre bien-être, à ne pas se fatiguer, et le confort du « moi ». Cette logique va à l’encontre de l’exigence de l’amour et des sacrifices du don de soi. 
  • La quatrième fausse paix est de chercher sa volonté propre. Cette âme n’est en paix que lorsqu’elle n’est pas contrariée par le projet d’un Autre, des autres, ou des évènements qui perturbent son projet personnel.Toutes ces recherches sont des fausses paix ! La vraie paix vient de l’amour de Dieu. Je suis estimé(e) et aimé(e) de lui…, et cela suffit, « solo Dios basta ! ». Je n’ai pas à cacher mon péché, à diminuer mon péché. Devant l’amour de Dieu, je cherche à découvrir mes blessures pour être guéri(e)… ouvrir mes péchés et mes blessures pour découvrir ma vérité, la connaissance du soi véritable. Ainsi, je suis libre de l’estime du monde, car j’ai la garantie de l’estime de Dieu.
Je vis d’amour, et je suis ce chemin de l’amour, sans chercher la paix, là je trouve la liberté véritable, en vivant ma vérité de fils ou fille de Dieu, je suis libéré(e) de toutes les entraves. 
Cette paix vient de l’agir de Dieu et de mon amour qui devient vrai et vécu. C’est dans ma rencontre avec le Seigneur (et seulement dans et par cette relation intime), que je fais cette expérience de son amour et que je suis rempli(e) de son amour « que rien ne te trouble, que rien de t’effraie… » Je suis rempli(e) de l’amour de Dieu qui me remplit complètement, c’est cela la paix durable et véritable…
Après ce temps d’enseignement, ce fut le temps du partage, avec la lecture en ateliers du chapitre 3 de ce même livre. Nos échanges riches et très divers nous ont permis de creuser l’apport du Père Georges et de le contextualiser, en abordant par exemple la question de la fuite des relations réelles (vers les drogues, le virtuel, les divertissements faciles…), de distinguer les fausses paix que l’on cherche, alors que la vraie paix se reçoit d’un Tout-Autre. Nous avons insisté sur cette paix véritable qui ne peut être reçue en dehors d’un chemin de vérité de soi. Nous avons posé la question de cette paix sans la foi…(?), sa Source étant forcément Dieu.
Nous avons conclu avec les mots de saint Paul, en remettant notre priorité sur la relation personnelle avec le Seigneur, pour recevoir cette paix qui surpasse tout bien… « Et la paix de Dieu, qui dépasse tout ce qu’on peut concevoir, gardera vos cœurs et vos pensées dans le Christ Jésus » (Ph 4,7).
Notre récollection s’est terminée en assemblée encore élargie par la célébration de l’Eucharistie, puis par un temps de convivialité… nous nous retrouverons dimanche 16 décembre (dès 9h) avec saint Jean de la Croix.

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