Avec Thérèse d’Avila (2)

Le chemin de la liberté spirituelle

Les chapitres 11 et 22 de la Vie nous aideront à faire émerger une figure évangélique de la liberté spirituelle.

Carte d’identité du priant

« Je vais parler maintenant de ceux qui commencent à être les serviteurs de l’amour, car il me semble que nous ne sommes pas autre chose, lorsque nous nous déterminons à suivre, par ce chemin de l’oraison, Celui qui nous a tant aimés. » (Vie 11,1)

Pour penser le commencement du chemin, Thérèse nous propose de regarder la fin. L’accomplissement de la liberté spirituelle c’est la venue, le surgissement de Dieu dans notre histoire, comme une révélation qui anticipe la totalité de l’histoire humaine : Dieu est déjà venu pour accomplir réellement sa promesse. Thérèse dit « quelque chose » de la fin pour laquelle nous sommes créés, à travers des expressions telles que : « les serviteurs de l’amour » ; « nous nous déterminons à suivre Celui qui nous a tant aimés ».

Résistance et combat spirituels

« Mais nous sommes si lents à faire à Dieu le don absolu de nous-mêmes que nous n’en finissons plus de nous préparer à cette grâce. Il nous semble que nous donnons tout à Dieu. Or nous ne lui offrons que les revenus et les fruits, tandis que nous gardons pour nous le fonds et la propriété. Curieuse manière, en vérité, de rechercher l’amour de Dieu ! Nous voulons le posséder en peu de temps, et, pour ainsi dire, à pleines mains. » (Vie 11,1-3)

La position de Thérèse est étonnante : elle montre le présent de la liberté, elle nous situe comme suspendus entre la conscience de notre accomplissement dans l’amour et le combat, la résistance à l’ouverture totale de nous-mêmes, à cette promesse déjà réalisée. Il y a donc une différence entre recevoir le don et consentir au don. Le temps de la relation de l’oraison est expérience d’un combat où s’éprouve notre capacité à recevoir, à travers les résistances qui surgissent en nous, dans l’histoire.

La part de la liberté humaine et la grâce de Dieu

« Nous n’en finissons jamais de faire à Dieu le don absolu de nous-mêmes. Aussi, il ne nous donne pas tout d’un coup un tel trésor. Plaise au Seigneur de le répandre en nous goutte à goutte. »
(Vie 11, 4)

Pourquoi cet écart entre la réception du don et le consentement plénier de la liberté ? Parce que s’ouvrir de façon absolue à Dieu qui se révèle, cela est impossible à partir par nous-mêmes ! Dieu ne veut pas seulement communiquer l’eau de la vie dans ce don, il veut nous offrir la source même de la vie : il faut donc le temps du consentement, ce patient « goutte à goutte », pour que la liberté se fasse toute désirante jusqu’à épouser le mouvement de la source, c’est-à-dire l’entendre chanter et jaillir du profond de soi-même.

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