Luc 10, 1-9

La paix pour seule arme 

Jésus désigne d’autres disciples que les douze, et les envoie deux par deux, en duo et non pas en groupe ostentatoire de soixante-douze. Jésus, en quelque sorte, les dissémine, les disperse, les perd comme le levain est caché dans la pâte.
Et il ouvre son exhortation par : « la moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux » (v.02). Voilà une parole qui pourrait accabler, fatiguer avant même d’avoir commencé la mission, si elle n’était contrebalancée par : « priez donc le maître de la moisson ! ». Les disciples sont pauvres, soit, mais pas démunis, car armés de leur prière, et d’une Présence : ils ne pourront rien faire sans « le maître de la moisson ».
Fragiles, ils le seront, il ne peut pas y avoir de comparaison plus explicite que ces agneaux face aux loups (v.03), ni de modalité plus claire que sans argent et sans avoir (v.04), ils ne reçoivent de Jésus que la paix à offrir (v.05), comme clé de la relation et conséquence de leur précarité missionnaire.
La paix s’offre et se reçoit à mains nues. C’est le disciple dépouillé, vulnérable qui est porteur de tendresse et qui appellera les amis de la paix (v.06).
Le règne de Dieu s’approche (V.09), par eux et avec eux, et il est cette paix messianique qui fera cohabiter sans souffrance ni violence, le loup et l’agneau, la panthère et le chevreau, le veau et le lionceau (Cf Is 11,1-10), à condition de se revêtir des mêmes armes que Jésus, sa prière au Père et sa paix.

Du Tout-Puissant j’ai revêtu les armes / Sa main divine a daigné me parer / Rien désormais ne me cause d’alarmes / De son amour qui peut me séparer ? (Thérèse de Lisieux, Mes armes, PN 48)

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