Luc 17,26-37

Dans un texte apocalyptique, jamais facile, où l’on projette souvent d’emblée la fin du monde et ses catastrophes,  (les annonces n’en ont jamais manqué), quelle peut bien être la « Bonne Nouvelle », la « perle cachée dans le champ » de cette Parole ?

Car même si nous lisons facilement « nos jours » dans « les jours » décrits ici, quelle peut en être l’intérêt, sinon de se faire peur où de faire peur aux autres ?

Et si ce petit refrain de « jour » était une clé ? Sept fois il revient : temps des humains où s’inscrivent en cyclone nos agendas électroniques, emporté par le souffle du « je n’ai pas le temps » : « on mangeait, on buvait, on se mariait, on achetait, on vendait, on plantait, on bâtissait… ! » (v. 27-28) Essoufflant en effet !

Pourtant à y regarder de près, « les jours, le Jour du Fils de l’Homme » encadrent ceux des hommes. (V. 26 et 30) comme pour les contenir, les orienter.

Jésus ne nous reproche pas cette folle manière de vivre, mais met en garde contre le risque encouru par les humains d’en perdre le sens, faute de Sens. Ici sans doute s’offre à nous « le Jour du Fils de l’Homme », si nous acceptons de « perdre » la main mise sur « nos jours », de refuser les « retours en arrière », pour « gagner en Vie sa vie ». (v. 33 trad. Grecque).

Ouvrir notre temps au temps de Dieu en Jésus-Christ, n’est-ce pas accueillir dès aujourd’hui la « révélation de Son Jour » ? Et s’Il le révèle, n’est-ce pas qu’il est déjà là, habitant notre temps ? Telles les manifestations de Jésus Ressuscité, au jardin, sur le chemin d’Emmaüs, toutes portes closes ou au bord du lac, dans ses plaies, sa Parole ou le repas… Pour le reconnaître, peut-être suffit-il « d’entrer dans l’Arche » avec Noé, de « sortir de la ville » avec Loth : rejoindre l’intériorité où Il habite, sortir à sa rencontre pour découvrir qu’Il marche à nos côtés en chaque visage humain. Et nous l’entendrons dire quand il viendra dans sa gloire : « chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits, qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25,40)

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