Luc 9, 51-56

N’arrête pas l’œuvre de tes mains !

Vers Jérusalem

Aujourd’hui s’accomplit le temps où se réalise le projet de Dieu : Jésus va passer de ce monde au Père.Pour cela, il Lui faut aller jusqu’au bout de l’amour, dans les lieux les plus hostiles, et visiter les replis les plus violents et ténébreux du cœur de l’homme. Il ne nous est pas facile de consentir à cette « visite » là, car elle demande que nous reconnaissions nos parts d’ombre, de rejet et de lâchetés.

Le chemin est difficile pour Celui qui aime jusqu’au bout et pour celui qui peine à se laisser aimer en vérité. Pour Le prophète, cette révélation ne peut passer que par Jérusalem (Lc 13, 33). Et nous, nous savons ce que « aimer jusqu’au bout » signifiera et signifie encore : l’Amour ne sera pas aimé. Il sera mis à mort. Qui le suivra prend le risque de passer la même épreuve. Il nous est donc aisé de comprendre le rejet des Samaritains, et peut-être aussi la réaction de Jacques et de Jean, ces ‘fils du tonnerre’ qui s’inscrivent dans la tradition du prophète Elie. Celui-ci n’a pas hésité à appeler le feu du ciel pour faire droit au Dieu devant qui il se tenait (Cf.1Rois 18, 20-40). Mais les  «  temps s’accomplissent » autrement avec Jésus. La décision ferme, le visage déterminé, il s’engage à manifester que l’amour ne persévère qu’en extrême vulnérabilité, avec des gestes et des paroles de paix et de pardon.

« Seigneur, éternel est ton amour. Ne cesse pas l’œuvre de tes mains » (Psaume 137, 8). Mais aussi : « Que vienne sur nous la douceur du Seigneur notre Dieu ! Consolide pour nous l’ouvrage de nos mains, oui, consolide ! (Psaume 89, 17). Et si nous ne recevons pas tes envoyés, qu’au plus intime de nos cœurs,  nous te recevions.

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