Matthieu 5,27-32

« or, moi je vous dis : quiconque regarde… en désirant …»

 » La lampe du corps, c’est l’œil. Si donc ton œil est sain, ton corps tout entier sera dans la lumière… » (Matthieu (TOB) 6, 22-23)

L’œil, le cœur et la main ; le regard, l’intériorité et l’agir, ont partie liée dit Jésus. Il nous fait basculer du « dehors » au « dedans » : « vous avez entendu qu’il a été dit »… ; « or moi je vous dis ». Il nous invite à entrer en nous-mêmes, à « descendre » comme Zachée dans sa maison, car c’est là qu’Il demeure et que dans Son Regard se jaugent toutes nos alliances humaines appelées à la fidélité, pour refléter Son image. Un appel qui habitait déjà l’A-T : « Je mettrai ma loi au fond de leur être et je l’écrirai sur leur cœur ». Appel qui s’accomplit dans la loi nouvelle des Béatitudes que Jésus, nouveau Moïse, vient de proclamer sur la montagne : « Allégresses des purs en leur cœurs , ils verront Dieu ». 5, 8 Chouraqui

Voir Dieu, oui, nous sommes appelés à voir Dieu ! Non, nous ne pouvons réaliser ! Comme le pressentait le Saint homme Job : « et de ma chair je verrai Dieu ». Job 19,22  Et Moïse  demandait : « fais moi voir ta face (gloire) ». Ex.33, 18-23

« Qu’est-ce que l’homme que tu penses à lui, le fils de l’homme que tu en prennes souci, à peine le fis-tu moindre qu’un Dieu le couronnant de gloire et d’honneur » Ps 8

Quoi d’étonnant  que le chemin de la « pureté du cœur » qui ouvre au Bonheur de « voir Dieu », doivent passer par des « arrachements » qui peuvent nous paraître dépasser les bornes ! Mais l’Amour de notre Dieu n’a-t-il pas largement dépassé les bornes en Jésus-Christ ? « Couper, jeter, perdre » dit l’Evangile , tout ce qui en nous est, d’une façon ou d’une autre, « idolâtre » et « adultère », comme Dieu le reprochait déjà à Israël.

« Crée en moi un cœur pur ô mon Dieu » Ps 50

« O Seigneur! Tout notre mal vient de ce que nous n’avons pas les yeux fixés sur vous, car si nous ne regardions que le chemin nous arriverions rapidement; mais nous faisons mille chutes, mille faux pas, et nous perdons le chemin parce que nous ne fixons pas notre regard sur le vrai chemin. (Thérèse d’Avila : Chemin de la perfection 26,4)

Ô admirable bénignité de Dieu qui permettez que vous regardent des yeux comme ceux de mon âme, qui ont fait si mauvais usage de la vue! Que cette contemplation, Seigneur, les accoutume à ne plus rien regarder de bas; qu’ils ne soient plus contents de quelque chose qu’ils voient, sauf Vous. (idem Vie 27,11)

« Père, donne-nous des yeux d’enfant »

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