Lire Jean de la Croix

Groupe de lecture des textes de Jean de la Croix

Il s’agit, dans le chemin de lecture proposé, de la question du sens, du principe qui justifie les écrits de Jean de la Croix ainsi que sa vie et celle de tout mystique. Pourquoi ? Et si tout cela n’avait aucun sens ? Quel est le critère de la vérité de ce dire ?

Pourquoi la mystique ? N’est-elle pas un égoïsme sans intérêt que prétend vivre quelques personnes dont le vocabulaire frôle l’indécence dans un monde déchiré par la violence et la souffrance d’un corps qui n’a pas le temps de dépasser sa nature de chair, tellement la douleur la lui rappelle.

Icône écrite par les sœurs Carmélites de Harissa, Liban

L’union d’amour, est-ce un désir qui nous est toujours audible alors que la survie n’est plus assurée à beaucoup d’hommes, de femmes et d’enfants ? N’est-elle pas de l’ordre d’un luxe ?

Pourquoi la mystique ?

La question de l’essence de la mystique s’est longuement posée, l’intérêt que le vingtième siècle lui a porté n’est plus à prouver, plusieurs mystiques ont été approchées, interrogées, décrites, comparées.

Alors même que nous posons la question du pourquoi, nous ne nous situerons pas à l’intérieur même de la logique mystique, nous ne nous interrogerons pas sur la fin du mystique lui-même, ni non plus sur son propre désir. Nous ne voudrions pas savoir ce que le mystique désire, ni non plus ce qu’il éprouve, ce qu’il expérimente dans sa relation à Dieu, ou dans son union d’amour à lui. Cela ne nous intéresse pas. C’est de l’ordre presque du voyeurisme qui ne mène d’ailleurs qu’à une ignorance encore plus ignorante que celle qui écoute la description d’une expérience affective, particulière, ordinaire. Entre l’ordinaire et l’extraordinaire d’une expérience il y a ceci de commun : même si elles se racontent, il faudrait à un moment donné qu’elles se taisent et qu’elles regardent celui en face, différent.

Nous ne sommes pas des mystiques, et c’est à nous que les mystiques s’adressent. A un moment donné, aussi beau que soit leur discours, ils arrêtent de parler et ils nous écoutent.

Il nous semble que nous avons beaucoup de choses à leur dire, mais pour que nous puissions vraiment nous adresser à eux, il faudrait le faire à partir de leurs propres écrits.

Nous pourrons, face à ces écrits, exprimer tour à tour notre étonnement, notre gratitude d’avoir éveillé en nous un désir qui est semblable au leur, notre frustration, notre désespoir et à la fin notre propre silence. Une fois tout cela dit et dépassé, une fois le deuil, d’être soi-même mystique, fait, nous pourrons poser la question du sens. Qu’est-ce qu’une expérience comme la vôtre apporte-t-elle au monde ? Si elle s’est nourrie du monde il faudrait qu’elle lui rende un peu de son pain.

Contact : ghadakh7@hotmail.com

​Ghada el Khoury

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