Lettres au père Jacob.

Film finlandais de Klaus Härö. 2009. Sortie en France 2016.

Le film commence par une sortie de prison et s’achève sur une délivrance. C’est l’histoire d’une femme  fermée et enfermée qui est accueillie, contre son gré, par un prêtre aveugle dont la raison de vivre et le ministère sont le courrier auquel il répond. Apportées par le troisième personnage, celui du facteur, les lettres contiennent des demandes de prières confiées à cet homme de Dieu.

Cécité du prêtre contre surdité de la lectrice : à quoi peut bien servir la prière pour les autres ? Nous allons assister à un double cheminement. Dépouillement des dialogues, beauté de la photographie participent au drame qui se noue : l’hymne à la charité de St Paul aux Corinthiens est proclamé tandis que le père Jacob  voit sa seule raison de vivre lui échapper.  Le suspense monte, la mort rode et frôle chacun.

Nous ne dévoilerons pas le dénouement maintenu jusqu’à la dernière image…

La brièveté (1h14) et la densité de ce film permettent un beau débat après la projection. Nous vous le recommandons pour le carême et pour tous les temps !

Sr Marie-Hélène Solau, communauté de Fribourg

4 commentaires

  1. L’image de la bouilloire et du thé infusé revient continuellement dans ce film, comme pour le rythmer.
    Une autre image qui revient est celle de la Parole. Cet homme est comme infusé, traversé de la Parole. La Parole est vie pour lui, lui donne vie. Dieu lui met sur sa route des personnes qui ont besoin de sa prière et qui lui écrivent; et lui même n’a de vie que par la prière qui est offerte à Dieu, toujours éclairée de la Parole, en compassion pour ces hommes, ces femmes.
    « Je vous recevrai comme un parfum d’une agréable odeur » Ez 20,41. Toute la personne du père Jacob est d’une agréable odeur, comme un bon thé….
    Ce film est une splendeur!

  2. Merci beaucoup pour ce coup de cœur partagé. Nous avons regardé ce film toutes les sept en communauté (à Mechref) et toutes nous avons toutes été très touchées par ce film qui est une vrai page d’évangile.
    Personnellement, j’ai apprécié le jeu d’ombre lumière révélatrice du combat des ténèbres, et la qualité de la photographie.
    Mais surtout j’ai été touchée par le chemin de kenose du prêtre, le dépouillement même de sa raison de vivre et de sa bonne œuvre aussi bonne soit-elle. Un passage du ciel jusqu’à la terre (la boue d’Adam). C’est l’image de ce serviteur inutile qui m’a émue, assumant ce mystère de l’Incarnation pour que tous soient sauvés.

  3. Correction

    … ce film qui est une vraie page d’évangile.
    Personnellement, j’ai apprécié le jeu d’ombre et de lumière révélatrice du combat des ténèbres, et la qualité de la photographie.

  4. La place du vide et du silence est aussi intéressante.
    L’absence de lettres de demande de prière laisse ce prêtre dans une certaine détresse mais ouvre la parole à Leila pour que sa détresse à elle puisse se dire.

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