Les choses et les mots

Sœur Ghada, de la communauté de Paris, propose une nouvelle rubrique hebdomadaire : « Les choses et les mots »
Cette nouvelle rubrique reste ouverte à ceux ou celles qui se sentent inspirés…
A vos « choses » !

La parure

« De même qu’un homme s’attache une ceinture autour des reins, de même je m’étais attaché toute la maison d’Israël et toute la maison de Juda – oracle du Seigneur, pour qu’elles soient mon peuple, mon renom, ma louange et ma parure. » (Jr 13, 10-11)  x Tu n’es pas toujours une coquetterie, et lorsque tu l’es…

Les talons

Nous vous chaussons pour pouvoir affronter le jour. Nos souvenirs, nos désirs et nos peurs nous collent aux talons, et lorsque ces derniers, nus, touchent terre, ils se mettent à parler et à raconter les milles et une nuits de ce corps qu’ils portent et qu’ils connaissent si bien ; ils racontent ce que nul ne…

La boîte en carton

Nœud autour duquel se construit parfois l’intrigue d’une enquête à mener, comme dans l’une des nouvelles de Arthur Conan Doyle[1], tu connais aussi bien nos joies que nos horreurs, tu les connais de l’intérieur, tu les côtoies, parfois même plus longtemps que nous, bien plus longtemps que nous ! Nous te confions souvent ce que nous n’osons…

La Marguerite

« Il (elle) m’aime, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, plus que tout, pas du tout. » « Aïe, aïe, aïe, aïe, aïe, aïe, AÏEEEEE ! Pourquoi est-ce à l’une de nous que vous vous en prenez chaque fois que vous désirez savoir si vous étiez aimés ou pas ?! Il y a plein d’autres fleurs,…

La porte

Nous ne pouvons te rencontrer que sur les seuils, c’est-à-dire partout, à chacun de nos pas. Visible ou invisible, tu n’as qu’une seule fonction : ouvrir. Même lorsque tu sembles fermée, c’est toujours pour désigner une ouverture, pour nous aider à faire le deuil de ce que nous croyons à tort être une chance ou…

Le tapis

« Des pieds grossiers ne doivent jamais se poser sur de tels tapis, c’est ce qu’a prévu la loi primordiale des choses. » Il s’agit pour Nietzsche du tapis des plus hauts problèmes, qui « repoussent sans pitié tous ceux qui les approchent sans être prédestinés à leur solution par la hauteur et la puissance…

Le décapsuleur

Je ne te voyais pas jusqu’au jour où Antoine Doinel (Jean-Pierre Léaud) te sorte du tiroir de la table d’une cuisine et te mette au doigt de Christine Dardon (Claude Jade) ! Tu n’as pas protesté, tu n’as pas dit que ce n’était pas ton rôle, tu t’es laissé faire et tout a été transfiguré…

Le téléphone

Tu sonnes toujours comme s’il n’y avait personne. Ta singularité je te la donne ; seul, tu n’en as aucune. Toujours indifférent, impassible, imperturbable ! Que la nouvelle soit triste, ou qu’elle soit bonne. Même rechargé, tu sembles mort ! Si les mots te traversent, s’ils touchent, ils ne donnent pas, ils ne donnent rien, et ne rendent présent…

La canne

Pour certains, tu es un « signe distinctif », « un emblème » ou même un « accessoire de parade[1] ». Pour moi, tu es sans aucun doute, un appui, une aide, un soutien, une verticalité qui me confère quelque chose de son être et qui respecte le mien jusqu’à lui rendre à la limite, malgré mon handicap, sa beauté première et…

Le sac

Une conception, des dessins, des mesures, du cuir, des découpes et des coutures, du métal, des yeux, des mains, des machines, et bien d’autres éléments, ont participé à ta fabrication. Neuf, tu avais une certaine beauté ; usé tu en a une certaine ! Les marques et les rayures que l’on ne voyait pas auparavant…