Les balais de Beyrouth

« Oh ! the Humanity », crie dans son rapport Herbert Morrison, témoin de l’incendie du Hindenburg, en 1937, où, pour la première fois, un incident de cette ampleur est « couvert sur le vif ». Ce cri est repris à la radio, dans Kiki la petite sorcière, au moment de la destruction du dirigeable[1].Ce cri est repris par chacun de vous, balais des rues de Beyrouth.  Dans sa traversée de la crise et du doute, le balai de Kiki ne lui servait plus à rien, ne fonctionnait plus, n’arrivait plus à l’aider pour poser les actes dont elle avait besoin et pour être celle qu’elle voulait devenir. Puis, à travers les rencontres, les échanges, et surtout lorsqu’elle a réalisé que la vie et la mort de quelqu’un dépendaient de sa réponse, Kiki a retrouvé la magie qui faisait fonctionner son balai ; elle a renoué avec lui, avec elle-même et avec le monde. https://cdn.radiofrance.fr/s3/cruiser-production/2020/08/0dd82e58-b0c9-4d9a-8f15-d0fae4b19fd1/500x282_000_1wb2jn.webp
© PATRICK BAZ. AFP, Libération
Vous, balais des rues de Beyrouth, animés par l’espérance, la foi et la générosité des jeunes, vous avez dévoilé la force et la magie que vous pouvez opérer. Vous avez, avec eux, répondu à l’appel d’un petit reste de vie. Vous n’avez pas eu peur devant l’ampleur de ce qu’il y avait à balayer ; vous avez fait ce qui dépendait de vous, au prix parfois de votre propre vie. Et, lorsque les poils des survivants parmi vous avaient touché les géants des débris, ils se sont arrêtés et leur arrêt marqua le territoire et invita à une autre histoire. Ils se sont dit : « à partir d’ici nous ne pouvons plus rien. Si ! Nous sommes encore capables d’une seule chose : transmettre, à tous les outils qui servent l’humanité, une attitude. Transmettre une verticalité consciente de sa valeur mais qui n’hésiterait pas à se pencher, à renoncer à elle-même, afin qu’elle puisse répondre au désir de celui qui la saisit en main et soulever pour lui la poussière qui obstrue sa route et l’empêche ainsi de voir, d’avancer et de construire.

Liban © Photo PATRICK BAZ. AFP, Libération.

À tous les outils de la terre : penchez-vous, répondez à l’appel de la main qui vous tient et qui ne cesse avec vous de tracer son chemin et d’ouvrir pour elle, et pour d’autres, la possibilité d’un désir et d’une liberté qui ne cesse d’advenir. »    

Vous, balais des rues de Beyrouth, qui gisez pour l’instant presque morts, votre œuvre fut œuvre de vie et cela suffit.

Cf. https://dailygeekshow.com/kiki-petite-sorciere-myiasaki-anecdotes/6/ 

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