D’AVENTURE EN AVENTURE…
L’Evangile nous conduit au bord d’un puits de Sychar, une ville de Samarie. Un très long texte ( Evangile de Jean chapitre 4 : un petit « bijou » à lire en entier surtout si vous en avez le temps…) . Une rencontre passionnante ! Une femme appelée « La Samaritaine », vient puiser de l’eau. Jésus fatigué, s’ est assis au bord du puits. Il a soif… Sur cette page, j’ai tenté d’imaginer un peu le secret de leur rencontre !
Elle n’a pas de nom ni même de prénom. C’est « LA SAMARITAINE » Elle ne porte pas les Juifs dans son cœur. Le contact s’annonce plutôt froid. Une longue histoire de « tradition et de vraie religion !!! ». Elle est sur la défensive. Elle a peur. Les gens de chez elle ne sont pas tendres avec celle qui semble « collectionner les maris » ! Du moins les rencontres amoureuses…. Autant d’échecs. Alors les hommes… elle s’en méfie un peu ! Elle n’a récolté que le vide et l’ennui… La conversation avec l’inconnu n’a rien d’exceptionnel : « Donne- moi à boire, , , s’il te plaît, j’ai soif mais c’est toi qui as le seau pour puiser ! ». D’abord elle fait sa « maligne », elle crâne et le taquine un peu : « Un Juif qui demande à boire à une femme, et une Samaritaine en plus !! Gare à ta réputation ! Désarçonnée par le calme de Jésus, elle se lance dans un banal discours religieux : Vous les Juifs, vous dites que vous avez la « vraie religion » et nous les Samaritains on a forcément tort bien sûr !!! Tu vois bien que tout nous sépare… Un petit silence et…
« Va chercher ton mari… dit Jésus. « Je n’ai pas de mari, rétorque la Samaritaine » ! « C’est vrai, tu en as eu 5… » … Curieusement elle ne ne réagit pas. Elle aurait pu se vexer, remettre à sa place cet homme qui semblait fouiller ainsi dans sa vie, elle a de la répartie !!. Elle perd un peu de sa froideur… Elle ressent une profonde solitude, ce besoin d’amour qu’elle n’a jamais vraiment connu. Elle devine que ce « voyageur » ne la méprise pas.. l’amenant à dépasser sa colère, son mal de vivre et d’aimer ! Il semble avoir réveillé en elle la « petite fille » et ses manques, Elle se sentira peu à peu, peut-être, juste quelqu’un de bien » ? Elle retourne chez elle en oubliant sa cruche !!! Elle dira aux gens de son village : « Vous savez ? Il m’a dit tout ce que j’ai fait !!! « . Devant cet « homme », elle qui se croyait dure comme le fer, solide comme le roc, se découvre simple rose fragile… On ne sait comment elle a réussi à dire ça aux gens du village, mais ils ont tous pris la route qui mène au puits… « Ce qui embellit le désert c’est qu’il cache toujours un puits quelque part… »
JESUS ne se fait pas connaître. Il n’est pas en « mission ». Il passait par là. On ne refuse pas un peu d’eau à quelqu’un qui a soif… La clé de la rencontre est peut-être un peu là : Il lui demande UN SERVICE ; Il a vraiment besoin d’elle. Il comprend tout de suite que la discussion ne sera pas tout à fait chaleureuse ! Elle se méfie et Jésus sait que la brusquer ne servirait à rien… Mais il entre dans cet échange de paroles comme deux joueurs qui se renvoient la balle !! Il ne lui fera pas un beau discours, un beau « sermon ». Cela ne servirait à rien. La Samaritaine se méfie. Il doit d’abord gagner sa confiance. Le respect… Il découvre, en l’écoutant, qu’on lui a tellement menti. Il ne la laissera pas retourner chez elle avec l’étiquette qui lui colle à la peau : celle qui a eu 5 maris déjà !!!… Elle ne sait pas « Qui » est Jésus et ne le saura sans doute jamais… Ce n’est qu’une rencontre au bord d’un puits , aux environs de midi….. Mais l’inconnu , ce matin là, va lui permettre de ressentir soudain que pas mal de choses gaspillent sans doute un peu sa vie… Ce qu’elle montre, ce qu’on pense d’elle, ne dit pas ce qu’elle est VRAIMENT… L’HOMME REGARDE LE VISAGE, DIEU REGARDE LE COEUR… « Jésus ne lui demande pas d’effacer son passé ! C’est impossible… Il la provoque, la bouscule parce qu’il sait qu’elle saura elle-même trouver les « chemins » qui montreront son vrai visage, et réveilleront en elle la femme unique et « exceptionnelle » qu’elle n’a jamais cessé d’être… Jésus a été déçu dans ses rencontres parfois. Il n’a jamais désespéré de quelqu’un…
Voilà, c’est seulement mon regard… Bonne semaine !
Texte : Jean Bosset
Dessin : Aude Bellanger
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