Péché originel (suite)

Petit résumé :
Pour nous chrétiens, Jésus Christ est eu cœur de l’histoire, au centre de l’histoire. Non seulement il vient envoyé par le Père pour nous révéler qui est Dieu, le vrai, Notre Père, avec des traits féminins autant que masculins, père et mère, mais, nous dira le Nouveau Testament, c’est par lui et pour lui que tout a été créé. Il est l’alpha et l’oméga, le commencement et la fin. Toute l’histoire se déroule entre un acte inaugural de Dieu avec Jésus Christ, et pour rappeler : nous avons le Souffle qui plane au dessus des eaux et la Parole, Jésus est le Verbe de Dieu. « Au commencement était le Verbe et tout a été créé par lui.. » et nous sommes acheminés vers le retour du Christ, l’eschatologie, la doctrine des derniers temps. L’histoire n’est pas circulaire, on repart à zéro, c’est une flèche orientée vers un devenir.
Du coup la création et l’eschatologie, les derniers temps, sont des dimensions de l’histoire, du présent, et c’est là que se joue le salut. Tout cela dans l’histoire se joue en Alliance entre Dieu et l’humanité, et l’histoire devrait être en permanence création et espérance, et nous achemine vers le règne de Dieu. Par rapport à cela, certains n’ont de référence qu’au passé : tout était bon au départ, nous allons le voir avec Augustin, et donc il faut conserver, et nous sommes dans l’idéologie. D’autres conçoivent l’histoire comme je pense qu’elle doit l’être, c’est à dire comme une orientation vers un devenir, et là, on est dans l’utopie chrétienne. Paul VI, dans le magnifique texte de la lettre au cardinal Roy, définit l’utopie : le christianisme est une utopie. « L’utopie c’est le possible du lendemain » Ce qui paraît impossible aujourd’hui peut devenir possible. Nous sommes tendus vers l’avant, donc l’espérance, bien sûr.

Augustin se situe bien évidemment du coté de l’idéologie.
Irénée de Lyon, turc né à Smyrne, disciple de Polycarpe, qui était lui-même disciple de l’apôtre Jean, et qui est venu à Lyon et qui est devenu évêque de Lyon nous sommes en 170, bien avant les 400 d’Augustin. Avez-vous entendu parler de gens comme Jean Bosc , Visser’t Hooft, grands pasteurs protestants, ou Antony Bloom, tous m’ont dit : si nous revenions à Irénée, toutes nos divisions confessionnelles disparaîtraient d’elles mêmes.

Pour AUGUSTIN : – L’homme, à l’origine, était doté de privilèges extraordinaires : les fameux dons préternaturels (au-delà de la nature)… (Je ne sais pas où il les a trouvés : il était immortel, omniscient, il était dans un état de perfection… pratiquement, il était Dieu. Il faut vraiment lire la Genèse de façon un peu carabinée ! )
Pour IRENEE : L’homme, au début, est créé enfant et imparfait. Il est en état d’enfance, de jeunesse, sinon il serait Dieu.

Pour AUGUSTIN : – Une catastrophe, ce qu’il appellera, lui, le péché originel, parce que « péché originel », c’est une création d’Augustin. Tous les théologiens sont d’accord là-dessus, même les conservateurs. Une catastrophe (de quelle nature?) explique seule son état actuel.
Pour IRENEE : Bien sûr, il faut des fautes, mais ce sont des crises de croissance.

Pour AUGUSTIN : – Il vit dans la nostalgie de cette condition meilleure qui fut autrefois la sienne.
Pour IRENEE : Le regard porte vers l’avenir, le paradis est au futur. C’est ce vers quoi il faut aller, ce n’est pas ce d’où on vient

Pour AUGUSTIN : – La volonté salvifique du Christ est elle même limitée, puisqu’il dira : « tout enfant mort sans être baptisé est damné. Toutes les personnes qui n’adhèrent pas à la foi chrétienne sont damnées. » Merci pour les autres ! A la fin, d’ailleurs,, il est mal à l’aise avec ça et il n’arrive pas à s’en sortir…
Pour IRENEE : Le Christ est l’Adam véritable qui rétablit la vraie vocation de l’homme.

Pour AUGUSTIN : La vie de l’humanité est « une remontée pénible après une chute verticale », vers un état initial idéal.
Pour IRENEE : L’histoire humaine est « un acheminement providentiel vers un avenir plein de promesses. » un acheminement dans lequel nous sommes appelés à coopérer avec Dieu, en Alliance, en faisant tout notre possible pour améliorer les choses.
[ On peut lire aussi : A.H. III, 18, 1-2 ; V, 12, 1-3 ; V, 16, 3 ; V, 19, 1 (AH = Irénée : Adverso Heresis) Démonstration 11 ss ; 33 ]

Transposé dans l’histoire cela donne : c’était tellement mieux avant le concile, donc, il faut revenir avant. Mettons en œuvre le concile et allons vers d’autres créations. Ce n’est pas tout à fait pareil. Je vous laisse libres de prendre la direction que vous voulez…

A suivre : L’incarnation : Que vient faire Jésus ?

2 commentaires

  1. C’est vrai, mais il nous a mis dans… Parce qu’il y a ça, mais il y a aussi, je reconnais , à travers des interprétations fallacieuses… avec la cité de Dieu, il nous a créé quelque chose qui a pesé lourdement dans l’histoire : les deux cités, qui sont devenues les deux glaives au moyen âge, et pour Luther les deux règnes : c’est-à-dire le règne de Dieu dont l’Eglise est porteuse et qui doit tout dominer et le règne du pouvoir politique, qui devrait être dans le meilleur des cas sous la dépendance du règne spirituel , mais qui va donner lieu à des affrontements, à des débats interminables dans l’histoire.
    Le problème que nous avons, c’est qu’à partir du VIe siècle, en gros, la plupart des occidentaux n’ont plus connu le grec. Donc, on a perdu de vue les Pères grecs, et on a tout pensé à partir d’Augustin. On avait perdu le contact avec l’Église orthodoxe, pour qui Augustin n’a pas d’importance, en revanche Irénée en a beaucoup. Il faut rétablir les choses. C’est dans le dialogue œcuménique que l’on peut s’enrichir de ces différences, et ne pas viser l’uniformité. La conception même de l’œcuménisme, avant le concile, c’était le retour des autres à nous. Surtout pas ! Le protestantisme a mis en avant des choses qui sont fondamentales dans l’Evangile et qu’il ne faut jamais laisser perdre. L’orthodoxie, avec sa doctrine du Saint Esprit, qui était le grand oublié dans l’Eglise catholique, nous ouvre des perspectives formidables.
    Il ne faut pas le laisser perdre. Nous n’avons pas à nous ramener aux autres et ramener les autres à nous. C’est dans le dialogue, dans la relation… Dieu est relation, Dieu est communion, dans la différence.

    L’histoire devient le lieu d’une création permanente et cette tension vers le règne de Dieu, que nous avons à essayer de faire avancer, en coopération avec Dieu, en Alliance avec Dieu, et bien sûr les uns avec les autres, et dans le respect de la nature, de l’univers.

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