Quelque chose ensemble !

MESSE STE MONIQUE 17 JUILLET 2022 NAPPE PRISON

Le mot hôte en français désigne autant celui qui rend visite, que celui qui reçoit. C’est cette double hospitalité que nous, aumôniers de prison, cherchons à vivre auprès des personnes détenues vers lesquels l’Eglise nous envoie : à la fois être ceux qui rendent visite au nom de l’Eglise et à la fois permettre que ces personnes détenues soient accueillies au sein de l’Eglise.

La période de confinement, que nous avons tous vécus, a mis à mal cette hospitalité, particulièrement en prison où les liens sont déjà fragilisés, abîmés, voire détruits par ce qui conduit en prison, mais aussi par l’enfermement. Cette nappe en patchwork est née du désir de faire mémoire, de prier et célébrer ces liens vivants, brisés, parfois renoués. Saisissant la proposition des journées nationales des prisons, dont le thème en novembre 2021 était : « Tisser du réel, des liens qui en valent la peine », nous avons souhaité réaliser cette nappe d’autel en associant les personnes détenues des trois prisons de Bruxelles et les personnes extérieures : paroissiens, enfants de la catéchèse, jeunes dans des mouvements.

Quel meilleur symbole d’hospitalité qu’une nappe ! Nous avons pu célébrer Noël et Pâques en prison autour de cette nappe. La nappe a participé au congrès mission à la fête synodale le 4 juin à la basilique et le 17 juillet à la messe à la maison de repos Ste Monique ; demain elle sera dans une paroisse ou un mouvement. La nappe remplit petit à petit sa mission de tisser des liens entre l’intérieur et l’extérieur des prisons de Bruxelles ; elle nous donne de marcher ensemble, de faire Eglise ensemble.

Un participant, incarcéré à Forest, me partageait, récemment, l’importance que la réalisation de cette nappe avait eu pour lui : « On a fait quelque chose ensemble. » Je m’étonnais, car, oui au final, c’est une réalisation commune, mais en détention, chacun a réalisé son carré, seul, en cellule. Cependant, pour ce Monsieur, l’assemblage des carrés représentait ce « ensemble ». Apprenant qu’à présent la nappe circule de lieu en lieu, ce Monsieur me dit : « Mais tu vois bien, on a vraiment fait quelque chose ensemble ! » Et je me suis émerveillée de sa capacité à voir le lien communautaire dans le presque pas visible.

Sr Valérie Depériers, CSJ, amaumônier à la prison de Forest

Un commentaire

Ajouter un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.