Avec Jean de la Croix (3)

Avec Jean de la Croix (3) :
Paroles de lumière et d’amour

jncroixband3Sagesse de l’évangile, travail du discernement

En proposant la rencontre de Dieu en toutes choses, comme projet unique de vie et d’action, Jean de la Croix met en lumière la nécessité de rompre avec les passions et les appétits qui dispersent. Pour que se déploient au meilleur les capacités humaines et spirituelles. Le travail de négation qui traverse le recueil des « Paroles de lumière et d’amour » doit toujours être référé à une double finalité : la quête et l’accomplissement plénier du désir en Dieu et pour lui ; la liberté et la pureté requises pour grandir dans la communion à soi-même, à tout le créé, au mystère de Dieu. La négation est un filtre, un mouvement qui nous fait tenir dans la pauvreté de l’esprit. La dernière maxime du recueil (Paroles de lumière et d’amour, 78) nous reconduit au cœur de l’Evangile : nous entrons dans le jeu divin du « qui-perd-gagne ».

« Si tu désires trouver paix et consolation en ton âme,
si tu désires servir Dieu pour de vrai, ne te satisfais pas de cela que tu as déjà quitté.
Car tu risques, en ce nouvel état où tu te trouves,
de rencontrer les mêmes entraves qui jadis te liaient, ou plus encore…
Mais abandonne toutes ces autres choses qui te restent
et attache-toi à l’unique qui contient le tout :
la sainte solitude, accompagnée de prière et d’écoute de l’Ecriture sainte.
Et là, persévère en oubli de toutes choses.
Car si elles ne t’incombent pas par obligation,
tu plairas plus à Dieu, sachant te garder et perfectionner en toi-même,
qu’en les possédant toutes ensemble.
En effet, ‘Que sert à l’humain de gagner le monde entier,
s’il vient à perdre son âme’ (Mt 16,26) »

Voici donc la conclusion de cette sagesse évangélique qui nous donne de discerner à même la vie ce qui convient pour marcher en disciple de la Parole :
Le tout ne se trouve que dans l’infime et le peu.
La possession, la jouissance, la connaissance du monde entier est cachée dans l’expérience singulière, à l’intime de l’âme.
Le visible, l’éclatant, le lumineux ne se révèlent que de nuit, en secret, en ce « je-ne-sais-quoi que l’on vient d’aventure à gagner »…

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