Homélie du grand Samedi Saint

Un grand silence règne aujourd’hui sur la terre. Un grand silence et une grande solitude. Un grand silence parce que le Roi dort. La terre a tremblé et s’est calmée parce que Dieu s’est endormi dans la chair et qu’il est allé réveiller ceux qui dormaient depuis des siècles. Dieu est mort dans la chair et les enfers ont tressailli Dieu s’est endormi pour un peu de temps, et il a réveillé du sommeil ceux qui séjournaient dans les enfers. . .

Il va rechercher Adam, notre premier père, la brebis perdue. Il veut aller visiter tous ceux qui sont assis dans les ténèbres et à l’ombre de la mort. Il va délivrer de leur prison et de leurs peines Adam et Ève, lui qui est à la fois Dieu et fils d’Ève… Il prend l’homme par la main en lui disant “Éveille-toi, ô toi qui dors, lève-toi d’entre les morts et le Christ t’illuminera (1ph. 5,14). Je suis ton Dieu, pour toi je suis devenu ton fils, et j’ai le pouvoir de dire à toi et à tes descendants enchaînés : Sortez. A ceux qui se trouvent dans les ténèbres, je dis : Soyez illuminés, et à ceux qui sont couchés : Levez-vous. A toi je dis : Éveille-toi, ô toi qui dors car je ne t’ai pas fait pour que tu demeures enchaîné ; Lève-toi d’entre les morts car je suis la vie des morts. Lève-toi, ouvrage de mes mains lève-toi, ô mon image, toi qui as été créé à ma ressemblance. Lève-toi, partons d’ici, car tu es en moi et moi en toi ; nous formons un seul et indivisible visage.

“Pour toi, moi qui suis Dieu, je suis devenu ton fils. Pour toi, moi le maître, j’ai pris ta formede serviteur. Pour toi, moi qui dépasse les cieux, je suis descendu sur terre et même sous terre. Pour toi, homme, je suis devenu comme un homme sans secours, libre parmi les morts (Ps. 87,5-6 ; LXX). Pour toi qui es sorti du jardin, j’ai été livré aux Juifs dans un jardin et crucifié dans un jardin. Vois sur mon visage les crachats que j’ai reçus pour te rendre ton premier souffle. Vois sur mes joues les gifles que j’ai reçues pour recréer ton visage à ma ressemblance. Vois sur mon dos les coups de fouets dont j’ai été frappé pour débarrasser ton dos du poids de tes péchés. Vois mes mains attachées à la croix par des clous, pour toi qui a tendu ta main vers l’arbre.

“Lève-toi, partons d’ici. L’ennemi t’a fait sortir du paradis terrestre ; moi, ce n’est plus en ce paradis mais au ciel que je vais t’introduire. Je t’ai jadis interdit l’accès à l’arbre de vie, mais je suis moi-même la vie, et maintenant je m’unis à toi.”

 

 

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