Aujourd’hui me vient au cœur le désir de remercier cette femme syro-phénicienne, de la remercier pour sa persévérance, son humilité et son audace. Car, si nous sommes enfants d’Abraham, Père des croyants, ne sommes-nous pas d’abord de la descendance de cette femme, une païenne ? N’est-elle pas la première à avoir entre-ouvert la porte de la foi à ceux qui ne font pas partie du peuple élu ?
Jésus veut passer inaperçu, dans la maison …
mais une femme, poussée par la détresse devant sa fille possédée par un démon, et guidée par ce qu’elle avait entendu dire de Jésus, enfreint la loi et les barrières qui séparent le peuple élu des païens, elle entre en relation avec un juif, elle une païenne ! Se jetant aux pieds de Jésus, elle se place en position d’humilité, mais elle n’hésite pas à demander quelque chose d’énorme : l’expulsion d’un démon hors de sa fille.
Son humilité et son audace ne laissent pas Jésus indifférent. Il vient de multiplier le pain et les poissons pour une foule nombreuse, et il en restait 12 couffins … pour les 12 tribus d’Israël. S’il y a une telle abondance de pain, si le semeur est sorti pour semer le grain en abondance au bord des chemins, dans les rochers, au milieu des épines et dans la bonne terre (Mc 4, 1-9) … n’est-il pas vrai qu’il y en a pour tous ? N’at-elle pas raison cette femme, de prendre au moins les miettes qui tombent de la table et de les savourer ?
Aujourd’hui, je remercie cette femme syro-phénicienne, non seulement d’avoir entre-ouvert la porte de la foi aux nations païennes dont je fais partie, mais aussi de me rappeler par son audace et son humilité, que je ne suis pas plus digne qu’elle de manger le pain de la Parole et celui de la table eucharistique : Seigneur, toi seul me rends digne de te recevoir, tu dis une Parole et je suis guérie !
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