Chemin d’Avent avec Thérèse de l’enfant Jésus (3)

  • 3 Se recevoir d’un autre ou « s’abandonner à l’Amour Miséricordieux».

 A ses disciples, Jésus affirme : « Qui donc se fera petit comme cet enfant là, celui-là est le plus grand dans le Royaume des cieux. » (Mt 18,4) et encore : « ‘Si quelqu’un veut être le premier, il sera le dernier de tous et le serviteur de tous’. Puis prenant un petit enfant, il le plaça au milieu d’eux… » (Mc 9, 35-36).

Ici le terme grec utilisé désigne à la fois l’enfant en âge scolaire et le serviteur ; c’est-à-dire un être en dépendance, soumis à l’obéissance. L’enfant/serviteur nous invite à descendre de notre propre suffisance. Celui qui pratique cette troisième vertu de l’enfant, consent à recevoir sa vie d’un Autre, à recevoir la vérité, la justification, la gloire (c’est-à-dire le poids) de son être de la relation au fils de Dieu : « A tous ceux qui l’ont accueilli, il a donné pouvoir de devenir enfant de Dieu » (Jn 1,12).

« O Verbe Divin, c’est toi l’Aigle adoré que j’aime et qui m’attire… moi, pauvre petit être, qui rentrerais dans le néant si ton divin regard ne me donnait la vie à chaque instant… Jésus, je suis trop petite pour faire de grandes choses… et ma folie à moi, c’est d’espérer que… Tu viendras chercher ton petit oiseau, et remontant avec lui au foyer de l’Amour, tu le plongeras pour l’éternité dans le brûlant Abîme de cet Amour auquel il s’est offert en victime » (Ms B 5 v°).

Thérèse sent bien qu’elle ne peut rien faire par elle-même, que tout son effort est de s’ouvrir, de se laisser traverser par ce puissant courant d’Amour. Parlant de la pécheresse pardonnée et aimante (Lc 7,36-50), elle explique à l’Abbé Bellière, l’un de ces petits frères de correspondance : « Je sens que son cœur a compris les abîmes d’amour et de miséricorde du Cœur de Jésus et que toute pécheresse qu’elle est, ce Cœur d’amour est non seulement disposé à lui pardonner mais encore à lui prodiguer les bienfaits de son intimité divine, à l’élever jusqu’aux plus hauts sommets de la contemplation… Il m’a été donné de comprendre aussi l’amour du Cœur de Jésus… Le souvenir de mes fautes m’humilie, me porte à ne jamais m’appuyer sur ma force qui n’est que faiblesse, mais plus encore ce souvenir me parle de miséricorde et d’amour. Comment lorsqu’on jette ses fautes avec une confiance toute filiale dans le brasier dévorant de l’Amour, comment ne seraient-elles pas consumées sans retour ? » (Lt 247).

Thérèse fait d’une citation de St Augustin, sa maxime : « L’Amour est le poids qui m’entraine » (Confessions 13,9). Libérée de toute paralysie de la peur, Thérèse enseigne à sa sœur Léonie (Lt 191) et à l’Abbé Bellière comment prendre Jésus par le cœur, « car celui-ci aime les âmes, mêmes imparfaites, qui se confient en lui. » « Je ne crois pas que le cœur de l’heureux Père puisse résister à la confiance filiale de son enfant dont il connait la sincérité et l’amour. Il n’ignore pas cependant que plus d’une fois son fils retombera dans les mêmes fautes mais il est disposé à lui pardonner toujours, si toujours son fils le prend par le cœur » (Lt 258). Aucune naïveté chez Thérèse, mais une confiance sans borne en la bonté de Dieu et une capacité à repartir toujours à neuf à partir de cette expérience de l’Amour de Dieu.

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