PÈLERINAGE A HALLE

Rien de mieux pour confier cette rentrée, où chacun reprend ses activités, qu’un pèlerinage.
Organisé par le mouvement ecclésial carmélitain, après avoir chanté les laudes, nous nous sommes mis en route depuis Bruxelles, par le chemin le long du canal, vers Halle. Notre marche rythmée par la méditation du Rosaire, sous le soleil au départ, puis sous la pluie à mi-parcours, nous a conduit à la source de notre joie : Marie.

1- La Vierge de Halle
2- Virgo lactans
3- Marie, source de notre joie

1- La Vierge de Halle

Situé au sud-ouest de Bruxelles, dans le Brabant Flamand, Halle est pratiquement depuis ses origines un sanctuaire marial. Mais le pèlerinage s’établit fermement à partir de 1267 avec l’arrivée de la statue miraculeuse de Notre Dame, dite « Vierge de la Miséricorde ».
Sophie de Thuringe hérita de sa mère, Ste Elisabeth de Hongrie, plusieurs statues de la Vierge. Elle en donna trois à sa belle-sœur Mathilde, épouse de Florent IV, duc de Hollande et de Seeland et seigneur de Halle. Par testament, Mathilde confie à sa fille Alix de faire don des trois statues à trois églises. C’est ainsi que la Vierge de la Miséricorde arrive en l’église de Halle.
Devant l’afflux des pèlerins, il fallut construire une église plus grande : l’actuelle basilique St Martin, édifiée en 1409.
La légende raconte que lors des deux sièges que la ville connue, la Vierge serait apparue sur les remparts pour intercepter les boulets de canon.

2- Virgo lactans

L’iconographie médiévale ne craint pas de représenter le mystère de l’Incarnation dans toute sa réalité corporelle. Les représentations de la Vierge allaitant l’Enfant Jésus sont courantes. Elles manifestent à la fois l’extrême petitesse et faiblesses du Fils de Dieu et l’intimité corporelle entre Marie et Jésus. « Heureuse la mère qui t’a porté dans ses entrailles et qui t’a nourri de son lait » (Lc 11, 27).
Par l’action de l’Esprit Saint, Marie donna chair au Fils de Dieu (Lc 2, 26-38). L’Esprit Saint continue d’accompagner Marie dans sa maternité. En buvant le lait, le Verbe Incarné reçoit de la créature dont il a fait sa mère, la vie ; cette vie qu’il nous donne en nourriture à l’Eucharistie.
« Mon Doux Jésus, sur le sein de ta Mère
Tu m’apparais, tout rayonnant d’Amour.
L’Amour, voilà l’ineffable mystère
Qui t’exila du céleste séjour…
Moi faible enfant, je ne vois au ciboire
Que la couleur, la figure du Lait
Mais c’est le Lait qui convient à l’enfance
Et de Jésus, l’Amour est sans égal
O tendre Amour ! Insondable puissance
Ma banche Hostie, c’est le Lait Virginal ! … »
Ste Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Ste Face, Poésie 1, strophe 1 et 6.

La statue de la Vierge de Halle présente son sein à l’Enfant de sa main droite, tandis que sa main gauche saisit son manteau, comme amorçant le geste d’en couvrir l’Enfant ; ou, peut-être comme une invitation à venir nous cacher avec l’Enfant sous son manteau.
« Je te cacherai sous le voile,
Où s’abrite le Roi des Cieux.
Mon Fils sera la seule étoile
Désormais brillante à tes yeux.
Mais pour que toujours je t’abrite,
Sous mon voile près de Jésus,
Il te faudra rester petite
Parée d’enfantines vertus… »
Ste Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Ste Face, Poésie 13, strophe 4 et 5.

Se cacher sous le voile de Marie c’est venir partager l’intimité entre Jésus et Marie. Ne peut-on voir symboliquement dans le voile de Marie, la présence continue de l’Esprit Saint ?
« L’Esprit Saint viendra sur toi et la Puissance du Très-Haut te couvrira de son Ombre » (Lc 2,35). Demeurer dans l’Ombre du Très-Haut, comme Marie, nous invite à la pauvreté (renoncer à briller aux yeux des hommes), à laisser un Autre agir dans notre vie, à cheminer sans voir (sans preuve) dans la confiance et la dépendance de Celui qui nous guide.

3- Marie, source de notre joie

« Jésus, ma joie, c’est de t’aimer »
Ste Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Ste Face, Poésie 45, strophe 7.

Marie nous donne Jésus et nous donne à Jésus afin de nous laisser aimer par Lui, de L’aimer et de Le faire aimer.
« Celui qui aime demande à être aimé et servi, et il est juste que Celui qui aime soit aimé. L’âme désaltère donc son Créateur lorsqu’elle lui rend amour pour amour. Seulement elle ne peut le servir lui-même. Elle doit passer par le prochain. » Ste Catherine de Sienne lettre 8.

Notre joie naît, par Marie, de nous savoir infiniment aimé. Notre joie s’épanouit, par Marie, qui nous aide à répondre à l’Amour dont Dieu nous aime. Avec Marie qui nous dit « Tout ce qu’il vous dira, faites-le » (Jn 2,5), nous entrons dans la joie de notre Maître (Mt 25, 14-23).

« La première en chemin avec l’Eglise en marche,
Dès les commencements, Tu appelles l’Esprit !
En ce monde aujourd’hui, assure notre marche ;
Que grandisse le Corps de ton fils Jésus-Christ.

Marche avec nous Marie, aux chemins de ce monde,
Ils sont chemin vers Dieu, ils sont chemin vers Dieu. »
Raymond Fau.

Texte : Sr Valérie Depériers
Photos : Sr Marie Hélène Solau
Communauté de Bruxelles

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