Matthieu 6,1-6.16-18

Ce que le Carême nous invite à vivre aujourd’hui, c’est de retourner à la source de notre vocation d’être humain, être capable de Dieu –capax Dei- au sens de capacité : créés comme image de Dieu, nous cheminons durant notre pèlerinage terrestre vers la ressemblance, d’après st Irénée de Lyon. Avec Jésus, prenons le temps de nous retirer en nous-mêmes, dans le secret, et de retrouver la source de toute joie : nous tenir en présence du Dieu vivant. Avec Jésus, dans l’Esprit, nous tourner vers le Père et lui dire : Notre Père. Non pas seulement mon Père dans une relation duale mais notre Père, relation trinitaire dans la présence de l’Esprit, où nous convoquons l’humanité entière « pour nous tenir devant Dieu pour tous », selon l’expression de Edith Stein 1891-1942.
L’Evangile de ce jour n’a pas retenu la place essentielle, « source » de la prière de Jésus à son Père : « Vous donc, priez ainsi : notre Père. »
Ton Nom, ton Règne, ta Volonté concernant la primauté de Dieu dans l’existence.
Le pardon comme la nourriture de base de la fraternité devient un pain quotidien, soixante-dix-sept fois sept fois recommencé, comme le dira Jésus à Pierre.
« Garde nous de tout mal et du tentateur. » Se reconnaître faillible et vulnérable, dans la vérité de l’humilité, nous met à l’abri de l’adversaire et de son adversité. La vie chrétienne est un combat qui, plus d’une fois, ressemble à celui de Gethsémani : non pas ma volonté, mais ta volonté.
Notre Père – Eglise des Carmes El Hadra de Baghdad
Dans ces trois attitudes fondamentales des trois monothéismes, dans la relation de la personne à son Créateur, trois piliers, l’aumône, la prière, le jeûn nous sont donnés comme trois règles de l’agir :
-le partage dans la discrétion comme relation à l’autre en gardant mémoire que tout ce qui n’est pas donné est perdu,
-la prière dans le secret comme relation vivante et vivifiante au Dieu de la Vie, source et devenir,
-le jeûn et le parfum, comme relation à soi comme entraînement, ascèse –en grec exercice – pour maîtriser ses appétits, dans un ajustement à la Création.
Gardons les yeux fixés sur Celui qui nous attend !
« Imitez Dieu, puisque vous êtes des enfants qu’il aime, vivez dans l’amour, comme le Christ nous a aimés et s’est livré lui-même à Dieu pour nous, en offrande et victime, comme un parfum d’agréable odeur. » Ep 5,1-2

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