
Dans la rencontre entre le lépreux anonyme et Jésus, nous constatons que ni Jésus ni le lépreux n’emploient le mot « guérir », mais plutôt le mot « pur ». Ce détail nous renvoie à la Loi du Lévitique qui réglemente la lèpre (Lv 14-15). Cette maladie de peau contagieuse était assimilée à l’impureté rituelle. Elle faisait perdre au malade sa dignité humaine, non pas tant à cause de la maladie elle-même, mais à cause du verdict d’impureté que la Loi lui imposait. Où qu’il aille, le lépreux devait crier: « Impur, impur ! » (Lv 13,45). La peur et l’évitement des autres ne provenaient donc pas seulement du risque de contagion, mais aussi de la crainte d’être associés à la condamnation prononcée par la Loi.
Le Christ libère le malade de cette condamnation légale. C’est pourquoi il ne parle pas de guérison, mais de purification: « Je le veux, sois pur. » (Mc 1,41)
Par cet acte, le Christ révèle aux hommes de son temps et de tous les temps l’un des dangers majeurs : lorsque les êtres humains s’unissent pour ériger des lois qui écrasent l’homme, des lois qui ne sont plus au service de l’homme mais qui le dominent. Qui donc peut libérer l’homme, sinon le Christ? Il a libéré l’autre en acceptant de se rendre solidaire de celui qui était rejeté et déclaré impur.
Un commentaire