Mt 18, 21- 35

« Si ton frère a commis une faute contre toi (v15) : c’est l’offensé qui est concerné en premier. Et Pierre trouve qu’il y a des limites (v21) : « Combien de fois… devrais-je lui pardonner ? » sans complément. « Pour Matthieu ce qui importe, c’est « pour » qui, en faveur de qui l’on pardonne… (il) met dans la bouche de Jésus une invitation à pardonner… d’humain à humain, sans autre motivation que celle du v15 : « gagner son frère » (Lytta Basset, Le Pardon originel, p 422, Ed Labor et Fides, 1995). On nous a tellement répété qu’il fallait, qu’on devait pardonner et l’on se surprend, comme le serviteur, à se jeter sur le premier compagnon, l’étranglant (symboliquement espérons !) et exigeant : « Rends tout ce que tu me dois » (v28). C’est oublier que le pardon est un long chemin, une longue descente jusqu’au fond de notre cœur (v35) dont Matthieu décrit les étapes au long de ce chapitre 18, selon Lytta Basset : s’abaisser à entrer en relation (v1-4), accueillir son enfance blessée (v5-7), renoncer à une image de soi non entamée par le mal (v8-9), se mettre en quête, avec Dieu, de son moi perdu (v10-14), se mettre en quête d’autrui par qui le mal est venu (v15-20) (Le pardon originel p 387 à 421). « Il en va du Royaume des Cieux, comme d’un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs « (v23). Dans la suite de l’histoire, ce roi est appelé maître (v25.27.31.34). Peut-être que tout l’enjeu d’une vie est d’entrer dans le Royaume en renonçant à sa position de maître afin de découvrir ce pouvoir royal d’origine divine : le pardon. En effet qui habite le fond de mon cœur ? Ce chemin de pardon nous met en quête du visage de Dieu, car lui seul peut nous relever de la dette, offensé et offenseur ensemble, mais pas sans nous.

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