Notre première commémoration du débarquement à Sainte‑Mère‑Église nous a frappées par son contraste saisissant :
La solennité des cérémonies, la ferveur des vétérans, les prières, les drapeaux… et juste à côté, les frites, les saucisses, les stands, les badauds, les selfies, les chars qui traversent le village comme dans un film.
Une sorte de ballet étrange où mémoire, spiritualité, tourisme et fête populaire se croisent sans vraiment se mélanger.
Chantal Adam et sr Chantal présentent la MAISON DE LA PAIX
Et pourtant, dans ce tumulte, nous avons senti quelque chose de profondément humain :
le besoin de se souvenir, de transmettre, de se rassembler — même maladroitement — autour d’une histoire qui dépasse chacun de nous.
Ce mélange… un tremplin pour la paix ?
On pourrait dire que oui, si la mémoire reste vivante, même au milieu des stands de toutes sortes… Parce que la paix ne naît pas seulement du silence et du recueillement. Elle naît aussi du fait que des milliers de personnes, venues de partout, se retrouvent dans un même lieu pour regarder ensemble vers le passé et se dire : plus jamais ça !
Mais on pourrait aussi dire que ce mélange révèle une tension : la mémoire devient parfois spectacle, marchandise, folklore. Et là, la paix n’est plus un tremplin, mais un décor.
La vérité est sans doute entre les deux.
La paix n’est pas garantie par la commémoration, mais elle peut y trouver un terrain fertile, si chacun y met du sens.
C’est ce que nous avons pu mettre en pratique à la MAISON DE LA PAIX, où avec Jacques (un photographe), son fils et deux allemandes nous avons pu échanger longuement sur l’événement, belle rencontres !
Sœur Chantal et sœur Agnès-Marie
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