Le masque

Nous traversons des moments où beaucoup de choses se sont imposées à nous sans que nous n’ayons eu le temps de les interroger. Un recul se fait urgent afin que de la vie puisse s’introduire entre nous et ces choses et leur permette de rester à leur juste place et d’avoir ainsi un rapport sain à notre corps.
Tu fais partie de ces choses. Nous nous sommes précipités pour nous procurer quelques spécimens de ton genre. Nos mains étaient pesantes, lourdes, et presque violentes. Elles n’étaient guidées que par cette nouvelle peur qui rôde autour de nous et en nous comme un fantôme. Nous avions oublié qu’il y a tout un rituel à observer avec toi.
À commencer, comme pour l’Eucharistie, avec le rite d’entrée : avant de te porter au visage, nous chantons notre espérance et nous nous tournons ensemble vers le Père. Devant lui, toi dans la main, nous reconnaissons notre responsabilité et notre participation au mal qui affecte aujourd’hui notre monde et nous lui adressons notre supplication au nom de tous ceux qui souffrent le plus de ce mal, de ceux qui souffrent de notre mal à tous.

© L’est-Republicain Lionel VADA
Avec toi, toujours dans la main, nous faisons un acte de mémoire et nous nous rappelons les paroles dites jadis à nos pères ainsi que l’œuvre de salut accomplie pour nous en Jésus Christ, homme et Dieu, par la force de l’Esprit.
Avec toi, toujours dans la main, nous confessons notre foi en un Dieu Père, toujours à l’œuvre, et avec Marie, la sœur de Lazare, avec leurs amis et les nôtres, nous implorons son Fils : « Seigneur, viens et vois » !
Avec toi, toujours dans la main, nous présentons nos offrandes, nous nous présentons à son amour, offrande vivante dans l’attente et l’espérance de sa venue. Sur elles, sur nous et sur le monde, nous invoquons son Esprit et nous répétons ensemble ses mots et ses gestes, afin que tout se transforme, en nous et autour de nous, et que tout en lui devienne nourriture vivifiante et force qui met debout tout être chancelant dans sa marche vers son Père.
Avec toi, toujours dans la main, nous communions à ses souffrances, à son corps, à sa mort et à sa résurrection.
Avec toi, toujours dans la main, nous nous agenouillons devant le Père, nous lui rendons grâce pour ce qu’il est, pour son Fils, pour son Esprit d’amour et pour chacun de nos frères.
Et c’est uniquement en nous levant que par toi nous nous couvrons le nez et la bouche, sans jamais oublier qu’une réelle attention est une attention saine et sainte, sans jamais oublier qu’une réelle attention ne peut se faire que dans la communion et qu’elle est profondément eucharistique.

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