Retraite Jour 3

« Cheminer ensemble avec le prophète ÉZÉCHIEL.

Retraite communautaire, Mechref, 22 au 28 août 2020 avec P. Georges Abi Saad

Jour 3_Avant-Midi_Lundi 24 août 2020

Après la vocation d’Ezéchiel, nous allons méditer sur la place de la Croix ou plutôt la place de la souffrance dans les grandes épreuves (la croix est un langage du nouveau testament). Nous remarquons plusieurs manières de vivre cette croix ainsi que plusieurs genres : la croix du peuple, la croix du prophète et la croix du Seigneur.

Commençons par la croix du peuple dans cette méditation en nous référant au chapitre 9 du livre d’Ezéchiel :

01 J’entendis le Seigneur Dieu me crier d’une voix forte : « Ils sont tout proches, les châtiments de Jérusalem, et chacun tient à la main son arme de mort. » 02 Alors six hommes s’avancèrent, venant de la porte supérieure, celle qui est du côté nord. Chacun tenait à la main son arme de destruction. Au milieu d’eux, un homme, vêtu de lin, portant à la ceinture une écritoire de scribe. Ils s’avancèrent, et s’arrêtèrent près de l’autel de bronze. 03 La gloire du Dieu d’Israël s’éleva au-dessus des Kéroubim où elle reposait, et se dirigea vers le seuil de la Maison du Seigneur. Alors le Seigneur appela l’homme vêtu de lin, portant à la ceinture une écritoire de scribe. 04 Il lui dit : « Passe à travers la ville, à travers Jérusalem, et marque d’une croix au front ceux qui gémissent et qui se lamentent sur toutes les abominations qu’on y commet. » 05 Puis j’entendis le Seigneur dire aux autres : « Passez derrière lui à travers la ville, et frappez. N’ayez pas un regard de pitié, n’épargnez personne : 06 vieillards et jeunes gens, jeunes filles, enfants, femmes, tuez-les, exterminez-les. Mais tous ceux qui sont marqués au front, ne les touchez pas. Commencez l’extermination par mon sanctuaire. » Ils commencèrent donc par les vieillards qui adoraient les idoles à l’entrée de la Maison du Seigneur. 07 Le Seigneur ajouta : « Rendez impure cette Maison, emplissez les cours de cadavres, puis sortez ! » Ils sortirent donc et frappèrent à travers la ville. 08 Or pendant qu’ils frappaient, j’étais resté seul ; je tombai face contre terre et je criai : « Ah ! Seigneur Dieu, vas-tu exterminer tout ce qui reste d’Israël en déversant ta fureur sur Jérusalem ? » 09 Il me dit : « La faute de la maison d’Israël et de Juda est grande, immense. Le pays est rempli de sang, la ville est pleine de perversité. Ils disent : “Le Seigneur a abandonné le pays, le Seigneur ne voit plus rien.” 10 Eh bien ! moi, je n’aurai pas un regard de pitié, je n’épargnerai personne. Je ferai retomber leur conduite sur leur tête. » 11 Et voici que l’homme vêtu de lin, portant à la ceinture une écritoire, revint et rendit compte en ces termes : « J’ai fait comme tu me l’avais ordonné. »

C’est très remarquable ce que le Seigneur dit aux scribes. Il y a des gens parmi ce peuple qui vont être épargnés : « Passe à travers la ville, à travers Jérusalem, et marque d’une croix au front ceux qui gémissent et qui se lamentent sur toutes les abominations qu’on y commet. » Ces gens marqués par le signe sont des innocents. Oui, mais pas seulement. Ils gémissent et ils pleurent sur toutes les abominations… ils souffrent à cause des péchés du peuple. Ils étaient incapables de changer la situation vu qu’ils étaient une minorité. Ils souffraient intérieurement.

La souffrance des innocents a plusieurs aspects : subir les injustices des puissants, de ces gens corrompus ; être persécutés à cause d’une conduite qui diffère que celle des autres ; Mais, ici dans le contexte de ce chapitre, l’aspect primordial est celui d’une souffrance qui exprime un amour d’abord pour Dieu, une fidélité à son alliance. Ils gémissent et se lamentent parce que le peuple de Dieu n’est pas fidèle à son alliance. Ils souffrent par amour pour leurs confrères corrompus. Il s’agit d’une souffrance comme compassion car le peuple s’est égaré. Ils réalisent le malheur de s’éloigner de Dieu et de sa Parole.

Cette marque, Taw (Taw , TAV , ou taf est le vingt-deuxième et dernière lettre des alphabets sémitiques , y compris phénicienne Taw taw. svg phénicienne, hébreu Tav ת , araméen Taw Taw.svg, syriaque Taw ܬ et arabe ت Tā’ (22 en ordre alphabétique , 3e ordre moderne) . En arabe, il est donne également lieu à la lettre dérivée ث Ṯā’. Sa valeur sonore originale est / t /), en hébreu Tav ת, avait la forme d’une croix à l’époque. « Passe à travers la ville, à travers Jérusalem, et marque d’une croix au front ceux qui gémissent et qui se lamentent sur toutes les abominations qu’on y commet. ». Nous trouvons une connotation pareille dans le livre de l’Exode, Ex 12, 7-13 : 07 On prendra du sang, que l’on mettra sur les deux montants et sur le linteau des maisons où on le mangera. 08 On mangera sa chair cette nuit-là, on la mangera rôtie au feu, avec des pains sans levain et des herbes amères. 09 Vous n’en mangerez aucun morceau qui soit à moitié cuit ou qui soit bouilli ; tout sera rôti au feu, y compris la tête, les jarrets et les entrailles. 10 Vous n’en garderez rien pour le lendemain ; ce qui resterait pour le lendemain, vous le détruirez en le brûlant. 11 Vous mangerez ainsi : la ceinture aux reins, les sandales aux pieds, le bâton à la main. Vous mangerez en toute hâte : c’est la Pâque du Seigneur. 12 Je traverserai le pays d’Égypte, cette nuit-là ; je frapperai tout premier-né au pays d’Égypte, depuis les hommes jusqu’au bétail. Contre tous les dieux de l’Égypte j’exercerai mes jugements : Je suis le Seigneur. 13 Le sang sera pour vous un signe, sur les maisons où vous serez. Je verrai le sang, et je passerai : vous ne serez pas atteints par le fléau dont je frapperai le pays d’Égypte.

Avant, c’était une marque extérieure. Mais, ici, il y a un changement : il y a dans le cœur de chacun une croix intérieure. C’est la souffrance. La marque extérieure vient pour mettre en lumière cette croix intérieure. Elle rend visible ce qui est invisible pour les hommes et pas pour Dieu. Car Dieu voit ce qu’il y a dans les cœurs.

On voit avec Ezéchiel la place qu’il donne au cœur ; c’est là qu’on appartient au Seigneur. C’est une appartenance qu’on vit dans notre cœur, à l’intérieur.

Dans le chapitre 22, Ezéchiel, parle des crimes et des péchés de Jérusalem. C’est une ville corrompue : Ez 22, 6 à 12. 06 Les princes d’Israël répandent chez toi le sang, chacun selon la force de son bras. 07 Chez toi, on dédaigne père et mère ; au milieu de toi, on fait violence à l’immigré ; chez toi, on exploite l’orphelin et la veuve. 08 Tu méprises les objets saints du culte, tu profanes mes sabbats. 09 Il y a chez toi des gens qui calomnient pour que l’on répande le sang. Chez toi, on va aux festins sur les montagnes ; au milieu de toi, on pratique la débauche. 10 Chez toi, on découvre la nudité de son père ; chez toi on abuse de la femme en état d’impureté. 11 L’un commet l’abomination avec la femme de son prochain ; l’autre, dans la débauche, rend impure sa belle-fille ; chez toi, un autre abuse de sa sœur, la fille de son père. 12 Chez toi, on accepte des présents, pour répandre le sang. Tu prélèves l’intérêt, tu pratiques l’usure, tu tires profit de ton prochain par la violence ; et moi, tu m’oublies – oracle du Seigneur Dieu !

On voit à quel point le mal est répandu ; une corruption générale du peuple !

La souffrance des justes est présentée comme signe du Salut : ils seront sauvés par cette souffrance, par cette compassion.

Isaïe va aller plus loin en parlant de la  souffrance des innocents, des justes. Ce n’est pas la question des innocents uniquement. Isaïe met l’accent sur les gens justes ; les gens qui souffrent pour Dieu et pour les autres. Il s’agit d’être juste selon le cœur de Dieu.

Isaïe va aller plus loin dans cette direction. Le second Isaïe, du ch. 40 à 55, connu comme livre de la consolation, est écrit à la même époque, celle de l’exil. On connait Is 53 : le serviteur souffrant (Le NT, la tradition chrétienne ont vu une figure messianique. C’est le Christ qui a souffert pour les autres).

01 Qui aurait cru ce que nous avons entendu ? Le bras puissant du Seigneur, à qui s’est-il révélé? 02 Devant lui, le serviteur a poussé comme une plante chétive, une racine dans une terre aride ; il était sans apparence ni beauté qui attire nos regards, son aspect n’avait rien pour nous plaire. 03 Méprisé, abandonné des hommes, homme de douleurs, familier de la souffrance, il était pareil à celui devant qui on se voile la face ; et nous l’avons méprisé, compté pour rien. 04 En fait, c’étaient nos souffrances qu’il portait, nos douleurs dont il était chargé. Et nous, nous pensions qu’il était frappé, meurtri par Dieu, humilié. 05 Or, c’est à cause de nos révoltes qu’il a été transpercé, à cause de nos fautes qu’il a été broyé. Le châtiment qui nous donne la paix a pesé sur lui : par ses blessures, nous sommes guéris. 06 Nous étions tous errants comme des brebis, chacun suivait son propre chemin. Mais le Seigneur a fait retomber sur lui nos fautes à nous tous. 07 Maltraité, il s’humilie, il n’ouvre pas la bouche : comme un agneau conduit à l’abattoir, comme une brebis muette devant les tondeurs, il n’ouvre pas la bouche. 08 Arrêté, puis jugé, il a été supprimé. Qui donc s’est inquiété de son sort ? Il a été retranché de la terre des vivants, frappé à mort pour les révoltes de son peuple. 09 On a placé sa tombe avec les méchants, son tombeau avec les riches ; et pourtant il n’avait pas commis de violence, on ne trouvait pas de tromperie dans sa bouche. 10 Broyé par la souffrance, il a plu au Seigneur. S’il remet sa vie en sacrifice de réparation, il verra une descendance, il prolongera ses jours : par lui, ce qui plaît au Seigneur réussira. 11 Par suite de ses tourments, il verra la lumière, la connaissance le comblera. Le juste, mon serviteur, justifiera les multitudes, il se chargera de leurs fautes. 12 C’est pourquoi, parmi les grands, je lui donnerai sa part, avec les puissants il partagera le butin, car il s’est dépouillé lui-même jusqu’à la mort, et il a été compté avec les pécheurs, alors qu’il portait le péché des multitudes et qu’il intercédait pour les pécheurs.

 La souffrance du juste a un effet sur les autres. Ce n’est pas une marque de Salut pour lui seul. Elle peut coopérer pour le salut des autres. Isaïe parle d’une multitude, d’une dimension universelle.

Lorsqu’Isaïe a parlé dans son temps à un peuple concret, il ne visait pas uniquement le futur. La prophétie est la parole de Dieu pour le peuple dans une époque précise. C’est une parole inspirée par l’Esprit, qui par la force de sa prédication, pourrait avoir des dimensions portant sur le futur lointain.

Isaïe donne un message à son peuple. L’un des commentaires retient que ce serviteur souffrant est une figure de ce petit reste qui est resté fidèle au Seigneur sur la terre étrangère et a beaucoup souffert pour sa foi et sa fidélité et pour les péchés des autres. Leur souffrance est une adoration là où il n’y a plus le temple ; c’est une offrande efficace, spirituelle. Une souffrance qui est une semence de vie nouvelle. C’est une passivité : ils souffrent et ils ne peuvent rien faire. C’est une passivité active car cette souffrance exprime un amour vrai et intense. Leur souffrance est un signe d’espérance. Bien sûr, nous devons chercher ces signes par le regard de la foi. Humainement, ce n’est pas l’espérance : des gens pauvres qui souffrent sans pouvoir rien faire… humainement, il n’y a aucun sens, aucun effet… Par la lumière de la foi, tout change : c’est là le vrai signe de l’espérance. Dietrich Bonhoeffer signale qu’on n’est capable que de souffrir. Il dit : « Je continue d’apprendre que c’est en vivant pleinement la vie terrestre qu’on parvient à croire. Quand on a renoncé complètement à devenir quelqu’un – un saint, ou un pécheur converti, ou un homme d’Eglise (ce qu’on appelle une figure de prêtre) […] –, afin de vivre dans la multitude des tâches, des questions […] des expériences et des perplexités […], alors on se met pleinement entre les mains de Dieu, on prend au sérieux non ses propres souffrances, mais celles de Dieu dans le monde, on veille avec le Christ à Gethsémani […] ; c’est ainsi qu’on devient un homme, un chrétien » (Résistance et soumission, p. 372).

Commencez l’extermination par mon sanctuaire. » C’est audacieux ! Le jugement va commencer par le temple et par les prêtres, par les anciens. C’est un message très fort. Dieu n’est pas lié au lieu sacré. Il est lié au cœur qui vit la sainteté. Les lieux sacrés sont au service des fidèles. Sans les fidèles, ces lieux n’ont aucune valeur. Ce n’est pas le temple qui est épargné. Les gens épargnés sont ceux qui portent la marque de la croix, dans leur cœur.

Même maintenant, avec toute la place que donnent l’incarnation et la rédemption à l’homme, cette idée n’est pas claire. Ce qui intéresse Dieu, c’est l’homme.

Passons à l’intercession du prophète.

Or pendant qu’ils frappaient, j’étais resté seul ; je tombai face contre terre et je criai : « Ah ! Seigneur Dieu, vas-tu exterminer tout ce qui reste d’Israël en déversant ta fureur sur Jérusalem ?   Le prophète s’exprime par un cri d’intercession. Mais, la réponse de Dieu est très significative : La faute de la maison d’Israël et de Juda est grande, immense. Le pays est rempli de sang, la ville est pleine de perversité.

On voit la colère de Dieu (anthropomorphisme) qui exprime son amour pour le peuple. Dieu est irrité par l’injustice… par le sang qui coule… ce sont des innocents qui coulent dans Jérusalem. Il n’est pas irrité par la profanation du temple (ch. 8) ; il l’est à cause de l’injustice. Il y a un grand lien entre l’idolâtrie et la cause de l’injustice sociale (on la remarque par la lecture d’Isaïe). Il y a plusieurs genres d’idolâtrie qui sont les racines de l’injustice. Ce qui touche le cœur de Dieu, c’est la souffrance des justes.

Cela ne veut pas dire que le prophète est plus miséricordieux que Dieu. On peut parler d’un autre aspect de la souffrance : la souffrance comme purification. C’est inévitable. C’est le dernier remède pour purifier ce peuple de sa corruption. L’Exil est un remède ultime. Dieu a beaucoup essayé avec ce peuple, par tout genre de prophètes, de manières… mais pas de résultats… il ne reste que ce remède… passer par la souffrance qui purifie. On va voir dans la seconde partie qu’il y a une partie du peuple qui va être renouvelée à travers cette souffrance.

Dieu utilise parfois les épreuves, profite des calamités qui arrivent dans le monde et peut les transformer en bien (Le théologien Yves Congar parle dans le même sens). Dieu parle à l’église à travers ses prophètes. Si les prophètes ne font pas leur mission ou l’église n’écoute pas… Dieu parle à travers les évènements de l’histoire.

À l’époque, quand on lit, on dit que c’est la catastrophe. Mais aujourd’hui, quand nous regardons de loin, on dit que c’était bénéfique.

Les épreuves nous ramènent à l’essentiel de notre vocation ; à vivre l’évangile ; à être témoins de l’évangile ; à être une église des pauvres et proche des pauvres.

Jour 3_Après-Midi_Lundi 24 août 2020

Continuons avec le thème de la croix ou la souffrance au sein des épreuves. Nous avons évoqué la souffrance du peuple ; maintenant, nous allons parler de la croix du serviteur, la croix du prophète.

Ce thème fait partie chez Ezéchiel d’un thème plus large : celui de la vie du prophète comme signe ou comme parole. Le prophète ne transmet pas le message seulement par ses paroles mais aussi par sa vie, par ses gestes ; Jérémie et d’autres l’ont signalé aussi…

Ces gestes donnent une dimension éducative. Ils suscitent l’attention, la curiosité et préparent à l’écoute de la Parole. Parfois ils n’ont pas besoin de paroles : ils sont plus riches que les paroles pour exprimer une idée. Lorsque nous avons un rôle dans la société, dans l’église… les gestes deviennent de plus en plus efficaces. Nous pensons au Pape Jean-Paul II qui utilisait les gestes pour communique une idée ; par exemple : il baisait à chaque fois la terre du pays qui l’accueillait. Il avait cette habitude pour exprimer son amour à ce pays.

Dans Le prophète Ezéchiel, il y a beaucoup de gestes. Nous citons :

  • Le silence du prophète EZ 3, 22-27 ; 22 La main du Seigneur se posa sur moi. Il me dit : « Lève-toi, sors dans la vallée ; là, je te parlerai. » 23 Je me levai et je sortis dans la vallée ; voici que la gloire du Seigneur se tenait là, pareille à la gloire que j’avais vue au bord du fleuve Kebar, et je tombai face contre terre. 24 Alors l’esprit vint en moi, il me fit tenir debout. Il me parla et me dit : « Va t’enfermer dans ta maison. 25 Fils d’homme, voici qu’on va te mettre des liens, des gens te ligoteront, et tu ne pourras plus sortir au milieu d’eux. 26 Je ferai coller ta langue à ton palais ; tu seras muet ; tu ne seras plus pour eux l’homme qui leur fait des reproches – c’est une engeance de rebelles ! 27 Mais lorsque je te parlerai, j’ouvrirai ta bouche, et tu leur diras : “Ainsi parle le Seigneur Dieu. Celui qui écoute, qu’il écoute ; celui qui n’écoute pas, qu’il n’écoute pas. C’est une engeance de rebelles !” Le prophète est privé de la parole. Un geste qui attire l’attention du peuple. Un prophète appelé à parler se retrouve muet !
  • L’annonce du siège de Jérusalem Ez 4, 1-3 : 01 Et toi, fils d’homme, prends une brique, mets-la devant toi, et grave dessus une ville, Jérusalem. 02 Mets le siège devant la ville : bâtis contre elle des retranchements, élève un remblai, installe des camps et place des béliers tout autour. 03 Prends alors une plaque de fer, et mets-la, telle une muraille de fer, entre toi et la ville. Puis dirige ton regard vers elle. Elle sera assiégée : tu auras mis le siège devant elle. C’est un signe pour la maison d’Israël.

Il fait un dessin ; il figure le siège. Les gens regardent le prophète faire un dessin ; une figure de ce qui se passe à Jérusalem. Il incarne ce qui se passe dans le pays.

  • La coupe des cheveux Ez 5, 1-7 : 01 Et toi, fils d’homme, prends une lame tranchante ; tu t’en serviras comme d’un rasoir de barbier ; tu te raseras la tête et la barbe. Puis tu prendras une balance et tu partageras ce que tu auras coupé. 02 Tu en brûleras un tiers par la flamme au milieu de la ville, quand seront accomplis les jours du siège. Tu prendras le deuxième tiers que tu frapperas par l’épée tout autour de la ville. Le dernier tiers, tu le disperseras au vent ; je vais tirer l’épée contre eux. 03 Mais tu en prendras une petite quantité que tu serreras dans le pan de ton manteau. 04 Tu en prendras encore, que tu jetteras dans le feu et que tu brûleras. De là, un feu sortira vers toute la maison d’Israël. 05 Ainsi parle le Seigneur Dieu : Voilà bien Jérusalem ! Au milieu des nations, je l’avais placée, environnée de pays étrangers. 06 Elle s’est rebellée contre mes ordonnances avec plus de perversité que les nations, et contre mes décrets, plus que les pays qui l’entourent. Ils rejettent mes ordonnances, ils ne marchent pas selon mes décrets. 07 C’est pourquoi, ainsi parle le Seigneur Dieu : Vos débordements sont pires que ceux des peuples qui vous entourent, car vous n’avez pas marché selon mes décrets, vous n’avez pas exécuté mes ordonnances, vous n’avez même pas exécuté les ordonnances des nations qui vous entourent.

Dieu demande au prophète de se raser les cheveux et la barbe ; de diviser les cheveux en plusieurs parties…. Les cheveux représentent le destin du peuple : une partie va être tuée, les maisons brûlées, et une partie dispersée.

  • L’émigrant Ez 12, 1-7 : 01 La parole du Seigneur me fut adressée : 02 « Fils d’homme, tu habites au milieu d’une engeance de rebelles ; ils ont des yeux pour voir, et ne voient pas ; des oreilles pour entendre, et n’entendent pas, car c’est une engeance de rebelles. 03 Toi, fils d’homme, prépare-toi un sac d’exilé ; sous leurs yeux, pars en plein jour, comme un exilé ; sous leurs yeux, pars de ta maison vers un autre lieu ; peut-être verront-ils qu’ils sont une engeance de rebelles. 04 Tu sortiras ton sac, comme un sac d’exilé, en plein jour, sous leurs yeux. Toi-même, tu sortiras le soir, sous leurs yeux, comme s’en vont les exilés. 05 Sous leurs yeux, tu feras un trou dans le mur, et tu sortiras par là. 06 Sous leurs yeux, tu chargeras ton sac sur ton épaule, et tu le sortiras dans l’obscurité ; tu voileras ton visage, et tu ne verras plus le pays : j’ai fait de toi un signe pour la maison d’Israël. » 07 Je fis ce qui m’avait été ordonné : en plein jour, je sortis mon sac, comme un sac d’exilé ; puis le soir, je fis un trou dans le mur, à la main ; je sortis mon sac dans l’obscurité, et sous leurs yeux je le chargeai sur mon épaule.

Il porte son sac et pendant la nuit, il sort. Il prend la figure de l’émigrant, figure du peuple qui va prendre la fuite à cause de la famine.

Ce sont des gestes comme des paroles.

Le texte à méditer : Ez 4, 4-fin.

C’est plus qu’un geste. C’est une souffrance, une croix que le prophète va porter. Le message est assez fort. C’est très intéressant de comprendre ce message.

04 Couche-toi sur le côté gauche et prends sur toi la faute de la maison d’Israël. Autant de jours que tu seras couché, tu porteras leur faute. 05 Et moi, je t’impose un nombre de jours égal au nombre des années de leur faute ; pendant 390 jours, tu porteras la faute de la maison d’Israël. 06 Quand ces jours seront achevés, tu te coucheras de nouveau mais sur le côté droit, et tu porteras la faute de la maison de Juda durant quarante jours. Je te fixe un jour par année. 07 Vers Jérusalem assiégée, tu dirigeras ton regard et ton bras dégagé ; tu prophétiseras contre elle. 08 Voici que je te mets des liens ; tu ne te retourneras pas d’un côté sur l’autre, jusqu’à ce que tu aies achevé les jours où tu fais le siège. 09 Prends du blé, de l’orge, des fèves, des lentilles, du millet et de l’épeautre : mets-les dans un même récipient ; tu t’en feras du pain. Tu en mangeras pendant les jours où tu seras couché sur le côté, soit 390 jours. 10 Ce sera la nourriture que tu mangeras ; tu en pèseras des rations de vingt sicles par jour ; tu les mangeras à intervalles réguliers. 11 L’eau que tu boiras te sera mesurée : tu en boiras un sixième de hine à intervalles réguliers. 12 Tu mangeras une galette d’orge ; tu la feras cuire sur des excréments humains, devant leurs yeux. » 13 Et le Seigneur dit : « C’est ainsi que les fils d’Israël mangeront leur pain impur, parmi les nations où je les disperserai. » 14 Je répondis : « Ah ! Seigneur mon Dieu, jamais je n’ai été impur ! Depuis mon enfance jusqu’à aujourd’hui, jamais je n’ai mangé d’animal crevé ou déchiré ; aucune viande immonde n’est jamais entrée dans ma bouche. » 15 Il me dit : « Eh bien ! je t’accorde de la bouse de vache, au lieu d’excréments humains ; tu cuiras ton pain dessus. » 16 Puis il me dit : « Fils d’homme, voici que je vais supprimer dans Jérusalem les réserves de pain : ils mangeront dans l’angoisse un pain rationné, ils boiront avec épouvante de l’eau mesurée. 17 Ainsi, le pain et l’eau manquant, les uns et les autres seront frappés d’épouvante ; ils pourriront dans leur péché.

 Nous allons pointer deux éléments essentiels dans ce texte : 1) dormir et porter les péchés ; 2) et les aliments impurs.

  • Ezéchiel, le prêtre. N’oublions pas qu’il est prêtre. Il va comprendre le sacerdoce d’une manière nouvelle. Dans la liturgie du temple, il y a les sacrifices pour les péchés : il y a le jour du Kippour (Yom Kippour (hébreu : יום הכיפורים Yom Hakippourim « le jour des propitiations »), également appelé le Jour du Grand Pardon, est un jour saint du judaïsme) et d’autres sacrifices pour les péchés. Ezéchiel n’a pas pu vivre ce ministère. Dieu lui montre une autre manière d’expier ou de participer à l’expiation des péchés. Ce n’est pas à travers les sacrifices des animaux mais à travers sa propre souffrance.

Avant lui, il y a des prophètes qui ont critiqué la religion extérieure qui est sans un engagement conforme à la Parole, sans une obéissance à la Parole. Citons Is 1, 11-17 : 11 Que m’importe le nombre de vos sacrifices ? – dit le Seigneur. Les holocaustes de béliers, la graisse des veaux, j’en suis rassasié. Le sang des taureaux, des agneaux et des boucs, je n’y prends pas plaisir. 12 Quand vous venez vous présenter devant ma face, qui vous demande de fouler mes parvis ? 13 Cessez d’apporter de vaines offrandes ; j’ai horreur de votre encens. Les nouvelles lunes, les sabbats, les assemblées, je n’en peux plus de ces crimes et de ces fêtes. 14 Vos nouvelles lunes et vos solennités, moi, je les déteste : elles me sont un fardeau, je suis fatigué de le porter. 15 Quand vous étendez les mains, je détourne les yeux. Vous avez beau multiplier les prières, je n’écoute pas : vos mains sont pleines de sang. 16 Lavez-vous, purifiez-vous, ôtez de ma vue vos actions mauvaises, cessez de faire le mal. 17 Apprenez à faire le bien : recherchez le droit, mettez au pas l’oppresseur, rendez justice à l’orphelin, défendez la cause de la veuve.

Il faut une vie morale, une docilité à la Parole… Ce message est connu avant Ezéchiel. Nous citons aussi Is 58.

Mais, il y a du nouveau dans ce que dit Ezéchiel : c’est une nouvelle vision de la liturgie même. La lettre aux hébreux le montre : Hb 9, 8-14 08 L’Esprit Saint montre ainsi que le chemin du sanctuaire n’a pas encore été manifesté tant que la première tente reste debout. 09 C’est là une préfiguration pour le temps présent : les dons et les sacrifices qui sont offerts ne sont pas capables de mener à la perfection dans sa conscience celui qui célèbre le culte ; 10 ces préceptes, liés à des observances pour les aliments, boissons et ablutions diverses, concernent seulement la chair et ne sont valables que jusqu’au temps du relèvement ! 11 Le Christ est venu, grand prêtre des biens à venir. Par la tente plus grande et plus parfaite, celle qui n’est pas œuvre de mains humaines et n’appartient pas à cette création, 12 il est entré une fois pour toutes dans le sanctuaire, en répandant, non pas le sang de boucs et de jeunes taureaux, mais son propre sang. De cette manière, il a obtenu une libération définitive. 13 S’il est vrai qu’une simple aspersion avec le sang de boucs et de taureaux, et de la cendre de génisse, sanctifie ceux qui sont souillés, leur rendant la pureté de la chair, 14 le sang du Christ fait bien davantage, car le Christ, poussé par l’Esprit éternel, s’est offert lui-même à Dieu comme une victime sans défaut ; son sang purifiera donc notre conscience des actes qui mènent à la mort, pour que nous puissions rendre un culte au Dieu vivant.

Même si c’est symbolique chez Ezéchiel, le message est là : tu vas porter le péché de ton peuple. 390 jours pour le royaume du Nord et 40 jours pour le royaume du sud, pour Juda (Il y a beaucoup d’interprétations sur les nombres : chaque jour est pour une année, 390 années : le temps du royaume du Nord… toute l’histoire du royaume du nord qui est une histoire de trahison).

Le message est cette souffrance de dormir 390 jours sur le même côté. Il y a une croix, une souffrance et on voit comment Ezéchiel a compris son sacerdoce d’une manière nouvelle. Il y a un sacrifice spirituel basé sur l’obéissance à Dieu et sur l’amour envers son peuple. L’amour s’exprime par la solidarité ; une solidarité spirituelle avec son peuple ; une solidarité qui s’étend sur toute l’histoire. Il est solidaire avec ce peuple ; cette solidarité dépasse le temps ; elle est aussi au-delà des distances. Il est solidaire avec ce peuple malgré le péché ou plutôt à cause du péché. Normalement, le péché est un obstacle pour quelqu’un qui est juste. Ici, c’est le contraire. Il est en union, en solidarité avec le peuple. Il porte le péché. C’est une vision nouvelle de la liturgie, du sacrifice qui prépare au NT.

  • Les aliments. Il y a un message prophétique : il annonce la famine à cause du siège. Mais, le message le plus fort, le plus profond, c’est ce que Dieu demande à Ezéchiel : Tu mangeras une galette d’orge ; tu la feras cuire sur des excréments humains, devant leurs yeux. C’est une souillure. C’est impur surtout pour un prêtre ; et Ezéchiel a discuté avec le Seigneur : « Ah ! Seigneur mon Dieu, jamais je n’ai été impur ! Depuis mon enfance jusqu’à aujourd’hui, jamais je n’ai mangé d’animal crevé ou déchiré ; aucune viande immonde n’est jamais entrée dans ma bouche. » Ce n’est pas uniquement une question de dégoût ; c’est une question cultuelle. Elle touche à sa pureté comme prêtre. Le problème est ailleurs : il est lié à la foi, à la religion, à la pureté du prêtre.

Dieu a accepté le changement avec Ezéchiel : Eh bien ! Je t’accorde de la bouse de vache, au lieu d’excréments humains ; tu cuiras ton pain dessus.

Là il n’y a pas un problème sur le plan de la pureté (Pierre va réagir de la même manière dans Ac 10). Ce que Dieu demande ici, c’est plus que la solidarité ; c’est l’identification. Il lui demande de s’identifier avec ce peuple en mangeant ainsi. Mais, Ezéchiel a échoué sur le plan de l’identification. Il n’y a que le Christ qui est allé jusqu’au bout, jusqu’à cette identification. C’est le sacrifice de la réputation, de la dignité aux yeux des autres. Il s’est fait péché pour nous. Il s’est identifié avec les pécheurs, avec ceux qui sont rejetés de la société.

Cet amour, on le voit durant l’histoire de l’église ; c’est l’amour qui va jusqu’au bout. Il y a des saints qui sont allés jusqu’au bout de leur amour. La petite Thérèse :s’asseoir  sur la table des pécheurs, vivre la nuit ; mère Teresa : s’identifier complètement aux pauvres… c’est un amour salvifique, salutaire, qui donne la vie.

Dans une situation de crise, dans des circonstances difficiles, il nous manque parfois ces deux aspects de l’amour : la solidarité et l’identification.

Commençons par la solidarité. Elle est plus facile que l’identification. Être solidaire des autres qui souffrent. Prenons l’exemple du Liban, de ce que vivent les jeunes aujourd’hui, la plupart de la population : on a perdu le sens de la solidarité… tout le monde veut partir, veut voyager… on ne juge personne. Mais, penser à la lumière de la mission, de l’appel, change la vision. On a évoqué Bonhoeffer le matin : il était un jeune théologien très brillant. Dietrich Bonhoeffer [ˈdiːtrɪç ˈboːnhœfɐ], né le 4 février 1906 à Breslau (aujourd’hui Wrocław en Pologne), et mort (exécuté) le 9 avril 1945 au camp de concentration de Flossenbürg, en Bavière, près de l’actuelle frontière germano-tchèque, est un pasteur luthérien, théologien, essayiste et résistant au nazisme, membre influent de l’Église confessante. 

À partir des années 1932-1933, Bonhoeffer s’éloigne de plus en plus de la carrière universitaire, se consacrant plutôt à son activité pastorale. Son parcours coïncide avec l’ascension d’Adolf Hitler : peu à peu, le nazisme devient l’idéologie dominante en Allemagne. Bonhoeffer part alors pour Londres, où il exerce son activité de pasteur de 1933 à 1935. Après son retour en Allemagne, il rejoint l’Église confessante. Dans ce cadre, il s’oppose activement à l’idéologie nazie, car il voit en elle une menace pour les chrétiens, pour les Allemands et pour toute l’humanité. Ses prêches sont généralement pacifistes : il appelle les croyants à la résistance et alerte ses fidèles de l’ampleur des menaces que le nazisme représente. Ainsi, dès 1934, lors d’une rencontre œcuménique de jeunes protestants au Danemark, il souligne la menace de guerre que pourrait provoquer Hitler. De même, le 5 novembre 1934, les Églises allemandes de Londres se détachent du gouvernement des Églises du Reich grâce à l’intervention de Bonhoeffer.

Ses prises de position ne restent pas longtemps ignorées du régime nazi et rapidement (en 1935) ses droits d’enseigner lui sont retirés. Il constitue alors dans la semi-clandestinité un séminaire, dans la localité de Finkenwalde (aujourd’hui Zdroje, un quartier de Stettin (aujourd’hui Szczecin)). Cette communauté est en complète opposition avec les dirigeants de l’Église luthérienne d’Allemagne de l’époque, qui soutiennent en grande partie le régime hitlérien. Bonhoeffer ne désire pas seulement pouvoir citer librement les paroles de l’Évangile, mais il est également prêt à risquer sa vie en s’opposant à Hitler et en aidant les Juifs dans leur fuite. Il affirme ainsi que « l’Église n’est réellement Église, que quand elle existe pour ceux qui n’en font pas partie », et postule le « devoir inconditionnel de l’Église envers les victimes de tous les systèmes sociaux, même s’ils n’appartiennent pas à la communauté des chrétiens ».

Son organisation est dissoute par la Gestapo en 1937 mais il reprend son activité illégalement dans les environs de Koszalin ; elle se termine en 1940 par l’arrestation de plusieurs de ses participants. En 1938, il prend des contacts avec des officiers allemands opposés au nazisme, maintenant un contact permanent avec les Églises protestantes à l’étranger. Avant le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, durant le printemps 1939, il se rend en Angleterre, où il a un entretien avec l’évêque de Chichester George Bell, puis aux États-Unis, d’où il revient en 1940. Malgré l’interdiction qui lui est faite de publier, d’enseigner et de prêcher, il noue des contacts étroits avec l’amiral Wilhelm Canaris, chef de l’Abwehr (service de renseignements de l’état-major allemand). Grâce à lui, il obtient des papiers qui lui permettent dans une certaine mesure d’être protégé contre la Gestapo, ainsi que de se déplacer relativement facilement en Allemagne et à l’étranger. Durant l’un de ses voyages à Stockholm, il rencontre à nouveau George Bell, par l’intermédiaire duquel il transmet aux Britanniques des preuves de l’extermination des Juifs par les nazis; il lui demande également de l’aide (au nom du groupe de conspirateurs dont font partie entre autres le général Hans Oster et Ludwig Beck) pour éliminer Hitler. Les Britanniques prennent cependant ces demandes pour l’œuvre d’un agent provocateur et ne donnent pas suite.

En janvier 1943, il se fiance avec Maria von Wedemayer. Le 5 avril de la même année, il est arrêté sous l’inculpation d’« affaiblissement du potentiel de guerre de l’Allemagne », en l’absence de preuves concrètes de sa participation au complot contre Hitler. L’influence de Wilhelm Canaris n’est pas suffisante pour permettre sa libération mais permet toutefois son transfert des prisons de la Gestapo vers une prison relativement moins sévère à Berlin, où il peut écrire de nombreux textes, recueillis après guerre dans l’ouvrage intitulé Widerstand und Ergebung (« Résistance et soumission »). Bonhoeffer n’accepte pas la possibilité d’évasion qui lui est proposée et, après l’attentat du 20 juillet 1944 contre Hitler et la découverte des conjurés (parmi lesquels Wilhelm Canaris et ses collaborateurs ainsi que Bonhoeffer lui-même), il est à nouveau transféré en octobre 1944 dans les prisons de la Gestapo, puis déporté au camp de concentration de Buchenwald. Même à l’approche de la défaite finale, Hitler n’oublie pas Bonhoeffer : le 9 avril 1945, Bonhoeffer ainsi que l’amiral Canaris et le général Oster sont conduits devant la cour martiale, jugés coupables et condamnés à la pendaison dans le camp de concentration de Flossenbürg. D’autre part, son beau-frère Hans von Dohnányi est également exécuté le 8 avril 1945 dans l’enceinte du camp de Sachsenhausen. Le 23 avril 1945, c’est au tour de Klaus Bonhoeffer, de Rüdiger Schleicher, de Friedrich Justus Perels de subir le même sort à Berlin en compagnie d’autres détenus.

Il refuse de partir. Il découvre que sa vocation est d’être avec son peuple dans les situations difficiles. Il dit : « c’est là le sens de ma vie ».  C’est vivre la solidarité jusqu’au bout. Il est mort comme martyre quelques jours avant la chute de Berlin à cause de ses paroles, son attitude envers le régime. C’est le sens de la mission. L’amour qui est solidaire. Avoir le sens de la mission. C’est là qu’on accepte les sacrifices, la croix. Sans le sens de la mission, chacun cherche son confort. La solidarité est le premier pas.
L’identification : prendre sur soi, s’identifier avec ceux qui souffrent ; ne faire qu’un avec eux ; mais pour leur porter l’espérance et la vie.

Avec Ezéchiel, on prépare l’évangile. On est proche de la logique du Christ. C’est un amour qui va jusqu’au bout (même si c’est symbolique ici).

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