Jean 1, 47-51

« Voici vraiment un Israélite : il n’y a pas de ruse en lui. »

Comment Jésus peut-il associer Israélite à l’absence de ruse lorsqu’on connait un peu l’histoire du peuple d’Israël ? Regardons Israël, qui fut aussi nommé auparavant Jacob. Jacob n’a eu de cesse de ruser. Il a rusé pour obtenir la bénédiction d’Esaü, son frère aîné. Il a rusé pour tromper Laban, son oncle et s’accaparer ainsi un grand troupeau de brebis. Il a rusé après s’être réconcilié avec son frère pour ne pas retourner dans un vis-à-vis conflictuel. En un mot, Israël a rusé… Pourquoi  Jésus perçoit Nathanaël comme étant sans ruse ?

« Je t’ai vu sous le figuier »

Nathanaël se trouve sous un figuier lorsque Jésus le voit. Or selon la tradition juive, l’arbre de la connaissance du bien et du mal du jardin d’Eden serait un figuier. Alors qu’Eve n’a pas résisté à la tentation de prendre, mettre la main, Nathanaël attend, se pose sous le figuier sans saisir le fruit. En cela Jésus l’honore et y voit un vrai Israélite. Il rejoint la coutume d’aller sous un figuier à l’ombre de l’arbre du bien et du mal pour étudier la Torah, pour la recevoir sans mettre la main dessus. Ne pas mettre la main sur la Torah, c’est l’accueillir pour ce qu’elle est, la mâcher, la « ruminer » pour qu’elle donne toute sa saveur, dans une ouverture patiente.

L’attitude de Nathanaël nous invite à mettre notre vie à l’ombre de la Parole, la scruter, la creuser sans jamais mettre la main dessus en l’enfermant dans une seule interprétation.

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