Jean 2, 13-22

Dieu, l’Etranger chez Lui !
Il est venu dans sa propre maison pour y demeurer et il la voit toute encombrée.
Comme une semence, il a voulu pousser mais le voilà « arrêté et refoulé » par les marchands et les changeurs.
Son cœur brisé a fait trembler la demeure et de sa blessure, elle fut reconstruite dans la vérité et la justice.
L’épouse du Cantique l’a bien compris quand elle dit : « A peine les avais-je passés, Que j’ai trouvé celui que mon cœur aime » (Ct 3, 4). Elle a compris qu’il fallait « traverser », se dépouiller de tout ce qui encombre son chemin, de purifier son espace pour jouir de la plénitude de la rencontre. Elle se fait « étrangère » à tous ceux qui l’entourent pour habiter sa propre terre, celle que son bien-aimé lui a prédestinée.

Et si le geste de Jésus était aussi une invitation à nous laisser déplacer ? À consentir à ce que nos sécurités, nos habitudes et nos encombrements soient renversés, pour que Dieu retrouve en nous sa demeure.
Car la véritable Demeure n’est pas d’abord un espace à posséder, mais un cœur à ouvrir. Il faut parfois devenir étranger à ce qui nous est familier pour retrouver Celui qui, depuis toujours, cherche à demeurer chez nous.

Alors, Dieu ne sera plus l’Étranger chez Lui, mais le Bien-Aimé au cœur de notre demeure.

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