Jean 20, 11-18

L’absence
« Marie Madeleine aperçoit deux anges vêtus de blanc, assis l’un à la tête et l’autre aux pieds, à l’endroit où avait reposé le corps de Jésus » (v.12).

Rien n’est invisible pour le cœur !
C’est à ce lieu du cœur et de la foi pure qu’est appelé Marie-Madeleine tout au long de ses versets. Saint Jean nous les balise, car si le tombeau ne renferme plus le corps mortel de Jésus, il y a beaucoup de choses à voir et à entendre.

Les anges entourent justement ce vide laissé par le corps de chair et qui est aujourd’hui glorieux. Pourtant, Marie Madeleine ne semble prêter aucune attention à ces deux créatures célestes, qui marquent la limite et la place du corps disparu, comme pour le matérialiser et le signifier autrement. Leurs deux présences extraordinaires circonscrivent un au-delà du monde visible où se tient là, au milieu d’eux, le monde de l’invisible.

Il faudra attendre que Marie Madeleine sèche les larmes de ses yeux (donc qu’elle quitte son chagrin autocentré), qu’elle ose un retournement (v.16), qu’elle s’entende appelée « Marie »,  (donc qu’elle soit convoquée en son moi profond, lieu de l’union à son Seigneur) pour entrer dans une dynamique de foi (de la foi pure de celle qui ne retient plus rien pour elle).

Ayant reconnu l’invisible et entendu la voix du Ressuscité toujours présent, elle peut alors l’adorer et le toucher, s’élancer vers ses frères, leur annoncer la Bonne Nouvelle, et remplir sa vocation de premier Apôtre, « d’apôtre des apôtres » selon saint Thomas d’Aquin,  d’apôtre de l’espérance selon le Pape François : « Oui… elle a vu le Seigneur ! ».

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