Luc 4,31-37

« Il parlait avec autorité » (v32). C’est en relation avec son Père, dans l’Esprit qui repose sur lui (Lc 4, 1. 18), que Jésus s’autorise à enseigner, guérir et chasser les démons. Cette étonnante liberté de parole frappe ses auditeurs, au point que l’esprit impur se sent lui-même autorisé à prendre la parole : « Es-tu venu pour nous perdre ? » (v34).

Jésus « commande avec autorité et puissance (v36), c’est-à-dire avec force et fermeté, comme lors des Tentations au désert (Luc 4,1-13). Cette force et cette fermeté ne lui viennent pas de lui, mais de la Parole, du Souffle de Dieu.

L’exorcisme réalisé par Jésus est une parole si puissante qu’elle semble plonger l’auditoire dans une forme de mutisme. « Ils se disaient les uns aux autres » (v36), mais à aucun moment ils n’entrent en dialogue avec Jésus, contrairement à l’esprit impur. La parole entendue a besoin de temps pour cheminer à l’intime. « Un bruit se propageait à son sujet » (v37). Un bruit n’est pas encore une parole. En Luc 5,15, cela devient une nouvelle, et seulement en Luc 5, 26, enfin une parole éclate : « Nous avons vu d’étranges choses aujourd’hui ».

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