Matthieu 10,1-7

Qui sont les Douze, les disciples de Jésus ? Leurs noms sont cités car chacun est précieux pour le Seigneur. Appeler une personne par son nom, c’est lui donner d’exister. La parole d’Isaïe le rappelle : « Ne crains pas, car je t’ai racheté, je t’ai appelé par ton nom, tu es à moi. » Is 43,1

Jésus et ses disciples – Le sermon sur la montagne Fra Angelico

Ses disciples, Jésus les a choisis, appelés, nommés et envoyés. Simon le pécheur velléitaire n’hésite pas à se jeter à l’eau mais est aussitôt saisi de panique. André lui a appris à voir au-delà des apparences de ce Messie itinérant car Jean le Baptiste l’a désigné devant lui Agneau de Dieu. Jacques et Jean, surnommés fils du tonnerre, ont l’obsession des premières places mais faute de courage, c’est leur mère qui le demande à Jésus. Philippe jusqu’au bout ne verra pas bien où Jésus le conduit. Son ami Barthélémy, qui aime méditer sous le figuier, ne voit rien de bon venir de Nazareth. Thomas, déterminé à mourir avec Jésus, ne se tiendra pas même avec Marie auprès de la Croix. Matthieu, le publicain, collabore ouvertement avec l’occupant et n’a pas hésité à écraser ses frères, sous le fardeau de l’impôt et des taxes. Jacques fils d’Alphée se fait discret et Thaddée aime les questions subtiles. Simon le Zélote finit par renoncer aux armes et à la violence. Judas Iscariote se méprend totalement sur l’identité de Jésus et souhaite lui imposer sa conception du Messie politique. Il finit par oublier que le Seigneur qui se révèle à Moïse est « riche en tendresse et plein d’amour, lent à la colère, riche en grâce et en fidélité. » Ex 34,6 Comment s’est-il mis à désespérer devant un tel Amour ?
Ces disciples nous ressemblent tellement que nous en sommes confondus. Ces reniements, velléités de puissance, trahison émaillent nos vies et pourtant quelle « magnifique humanité » où Dieu est venu planter sa tente !
Jésus nous révèle un cœur doux et humble, ému de compassion pour la brebis perdue, la centième du troupeau, celle qui s’égare et prend un chemin de traverse, au risque de se perdre. Elle est réellement en danger et Jésus s’en émeut.
Matthieu l’évangéliste est bien placé pour nous dire quelque chose de cela, lui qui revenait de loin quand Jésus s’est décidé à partager le repas chez lui avec des amis plus ou moins recommandables. Matthieu garde au cœur la brûlure de ce regard, de cet appel. « Suis- moi » Mt 9,9 et toute sa vie témoigne de la Parole de grâce et de miséricorde, qui, un jour, a retenti en sa demeure.

« Allez donc apprendre ce que signifie :
C’est la miséricorde que je veux, non le sacrifice
Car je suis venu appeler non pas les justes, mais les pécheurs. » Mt 9,13

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