Quelques miettes
Jésus se rend à plusieurs reprises dans ce territoire païen, en traversant les montagnes. Il quitte Capharnaüm et le pourtour de la mer de Galilée pour cette région cananéenne de Tyr et Sidon citée par les prophètes comme un lieu impie. Jésus a alors une connaissance de sa mission qui se rapporte aux brebis perdues d’Israël.
C’est une rencontre inattendue avec une femme, étrangère, suspecte, puisque sa fille est possédée, qui va amener Jésus à élargir sa mission à l’universel. Nous sommes surpris au-delà de toute vraisemblance.
Jésus a –t-il besoin de cette rencontre avec cette femme insigne pour découvrir qu’il est appelé à révéler l’amour du Père aux tout petits ? Par son insistance, sa persévérance, son courage, cette femme nous émeut. Ce n’est pas même une requête pour elle-même mais pour sa fille gravement malade.
Tout semble opposer Jésus et ses disciples de cette femme païenne. S’ils pouvaient la faire disparaître, les disciples ne s’en priveraient pas. Pourquoi troubler le Maître de Nazareth avec les cris d’une femme ?
S’engage un dialogue presqu’irréel entre Jésus et la Cananéenne ? Jésus est-il bien ainsi ? Une telle différence affirmée entre le peuple d’Israël – les enfants- et les autres –les petits chiens ? Jésus s’exprime avec les mots de son temps, de sa culture, en juif pieux. Mais voilà l’humilité et la vaillance de cette pauvre femme l’emmène beaucoup plus loin et Jésus se laisse toucher, déplacer pour rejoindre cette personne dans son abaissement. Jésus remarque alors les miettes : quelques mots humbles et pleins d’humour qui en remontrent à ces juifs orthodoxes !
La vérité vous rendra libre ! Jésus vient d’en faire l’expérience à son insu et il ne l’oubliera plus. « Heureux les pauvres de cœur, le royaume des cieux est à eux. » Sa prière n’aura de cesse de s’élever dans la louange du Père : « Je te loue Père d’avoir caché cela aux sages et aux savants et de l’avoir révélé aux tout petits. » Mt 11,25
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