Matthieu 20, 17 – 28

Déçus, oui, déçus sommes-nous de la réaction de Ses plus proches, ceux qu’Il a choisis, Jésus, tout exprès pour « être avec lui et les envoyer en son nom » ! Ceux qu’Il prend « à part » pour monter avec Lui à Jérusalem ! Ceux auxquels il fait part pour la troisième et dernière fois, de manière plus explicite que jamais, de la part qui sera la sienne pour que de sa mort jaillisse la Vie !

« Alors ! »

Juste « Alors », une femme- mère, celle qui selon la tradition serait la propre sœur de Marie Mère de Jésus, l’une de celles qui le suivaient Lui et les Douze. Une femme – disciple, qui avait toutes les raisons d’être « mère de compassion », la voici « mère de convoitise ». C’est pour « ses petits », pas pour elle bien sûr. Elle est mère quand même. Mais sa démarche risque d’engendrer la mort, celle de l’unité des Douze, par la jalousie. On juge l’arbre à ses fruits. Curieux comme ça nous rappelle quelque chose du récit des origines, non ? Et qui d’entre nous ne se reconnaît dans ce récit de Mt ? Et qui n’y reconnaît la situation du monde, de nos sociétés modernes, de « la troisième guerre mondiale en morceaux » dit le Pape François, des dérives de la barque – Église ? Nous « avons mal à l’Église et au monde », mais nul n’est indemne. Et Jacques et Jean n‘étaient-ils pas assez grands pour faire eux-mêmes leur démarche ? Que vient donc faire leur mère ? Symbole de leur immaturité dans « l’intelligence » du Royaume ? Ni eux, ni leur mère ne sont à la hauteur. Elle « s’approche, « se prosterne », mais son cœur ne suit pas le mouvement, celui du Christ serviteur lavant les pieds de ses disciples, par pur Amour, l’Amour jusqu’à l’extrême. Elle demande à Jésus « d’ordonner » mais ne « sait pas » que le Maître Lui-même se reçoit d’un Autre, qui est Père. Elle convoite « la droite et la gauche » du Fils de l’Homme, mais «ne sait pas» qu’elles sont préparées par le Père pour deux malfaiteurs auxquels Jésus crucifié « donne sa vie en rançon » (1), comme pour la multitude, comme pour chacun . Ne se souvient-elle pas que « Le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu » ? Et que sait-elle du passage obligé de cette « coupe » que va boire Jésus dans sa passion,celle de bénédiction qu’Il partagera à ses amis, celle de la fête qu’ils boiront ensemble dans le Royaume à venir : une même et unique coupe à laquelle il faut « avoir part » pour être fils du Royaume. « Vous ne savez pas ce que vous demandez » « Ils ne savent pas ce qu’ils font » « Père pardonne-leur » Père pardonne-nous de « ne pas savoir », de ne pas comprendre, de ne pas être à la hauteur de ton Fils à genoux devant ses frères en humanité pour leur laver les pieds, lui qui « est venu, non pour être servi mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude ». (1) C’est ainsi qu’Il guérit le corps de son Église, le corps de notre humanité blessée. Jésus, « Prends-nous à part, instruis-nous en chemin… ». Merci de nous donner le temps, ce temps de carême pour faire un pas de plus sur le chemin du service et du don de nos vies. Au pas de la Miséricorde du Père, la mère des fils de Zébédée s’est retrouvée, au pied de la croix, et certains ont cru l’apercevoir en chemin d’annonce de la résurrection… !

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