Matthieu 23, 1-12

Comme ils nous ressemblent ces pharisiens ! Ils parlent, ils parlent, mais sans agir … Ils portent leurs titres comme des galons et leurs responsabilités comme des décorations*.  Ils occupent la chaire de Moïse qui devait normalement rester vide, signe pour le peuple juif de sa volonté de se soumettre à la Parole de Dieu.

Ils parlent en chef, donnent des ordres et des consignes, imposent de lourdes charges, mais eux ne bougent pas le petit doigt… ils ont besoin de main d’œuvre, mais ils gardent pour eux les honneurs. Ils jouent un personnage parce qu’ils ont peur d’être eux-mêmes, parce qu’ils sont incapables de se tenir dans le silence et la solitude, en intimité avec leur Dieu. Ils se récupèrent dans une extériorité où ils reçoivent de l’autre leur honneur, dans un charivari de salutations, de congratulations… Leurs signes extérieurs, leurs habits ne cherchent pas la Vérité, mais le point d’honneur. Dieu nous garde des personnes qui veulent le servir en se souciant de l’honneur ; songez que c’est un mauvais calcul, qu’on perd cet honneur même à le désirer, en particulier les prééminences, et qu’il n’est toxique au monde qui tue mieux la perfection que ces choses-là** .

Chaque fois que nous leur ressemblons, nous défigurons Dieu et l’humanité. L’homme veut s’élever au rang de chef, mais Dieu s’est abaissé au rang de l’homme. L’homme escalade les marches de la hiérarchie mais Dieu descend du haut du ciel vers la terre. Il se fait esclave, il nous envisage de bas en haut, pour que nous devenions capables d’envisager nos frères et sœurs les plus fragiles comme nos maîtres.

* Jean Debruynne : Ouvrez, Presses de l’Ile de France, 1999, p. 321
** Thérèse de Jésus : Le Chemin 12, 7

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