Matthieu 25, 1-13

« Alors il en sera du Royaume des Cieux comme de dix jeunes filles qui prirent leurs lampes et sortirent à la rencontre de l’époux » (Mt 25, 1). Que sont nos vies de disciples du Christ, sinon cette mise en mouvement, cet appel premier, un beau jour, cette « sortie à la rencontre de l’époux », point de non-retour dans l’aujourd’hui, quoi qu’il arrive ? Quel chemin ont-elles emprunté, ces dix jeunes filles, sur quelle route marchons-nous ? Sur la route de nos vies, où, selon nos vocations singulières, notre « être disciple » se déclinent en mille et un tâches, toutes ordonnées, dans le meilleur des cas, à cette sortie à la rencontre de l’époux, au cœur du monde. S’il s’agit de marcher « sans or ni argent, sans besace pour la route, ni deux tuniques, ni sandales, ni bâton » (Mt 10, 11), deux choses ne doivent jamais nous manquer : une lampe, et des fioles d’huile pour l’alimenter ! Qu’est-ce donc que cette huile, sinon ce qui entretient le désir, le désir de toujours marcher à la recherche de « Celui que ton cœur aime » (Ct 3, 1), le désir de la rencontre ! Si tut’arrêtes de souffler sur les braises, d’alimenter le feu (m’a toujours dit une sœur aînée), il s’éteindra. « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? » avait demandé Jésus, par trois fois, à Simon-Pierre, signifiant par-là la primauté de l’amour. Un amour toujours en quête de la rencontre de l’Epoux. Certes, la Parabole des dix vierges évoque cette rencontre lors du retour en Gloire du Christ, à la fin des temps, le contexte du récit est eschatologique. Mais il est sans doute autorisé, voire impérieux, de lire ce retour comme « l’incessant retour du Christ sur les chemins de nos vies » (Dominique Collin, Mettre sa vie en paraboles, p.82). Ainsi, dans cette alternance entre la marche et le repos, dormons-nous de ce bon sommeil (« Je dors, mais mon cœur veille » Ct 5, 2) qui ne nous empêchera pas de nous laisser rejoindre par les cris du monde, ceux qui nous invitent à sortir, malgré nous, là où le vrai visage de l’Epoux, Celui qui nous connaît, se laisse entrevoir ?

« Je la connais la source qui coule et se répand,
Quoique ce soit de nuit !
Dans la nuit obscure de cette vie, comme je connais bien, par la foi, la fontaine,
Quoique ce soit de nuit ! »

(Saint Jean de la Croix, Souffrances de l’âme qui désire voir Dieu, IX).

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