Jean 5, 17-30

Communiquer comment la vie se donne…

©-Paul-Klee
© Paul Klee

Sur quoi porte la confrontation de Jésus avec les chefs religieux de son temps, dans ce chapitre 5 de l’Evangile de Jean ? Sur la « prétention » de Jésus d’être l’égal de Dieu, de l’appeler « son propre Père ». Et, dans le contexte immédiat (Jn 5, 1-16), sur la « violation du shabbat » à travers la guérison du paralysé à la piscine de Bethzatha. Guérison et controverse doivent se lire ensemble car l’une éclaire l’autre. Or, il y a « repos » et « repos » ! Mauvais repos, le repli dans l’immobilité, l’enfermement dans la lettre de la loi, dans l’observance formelle et extérieure. Bon repos quand le Shabbat donne sens à la vie comme accomplissement de l’œuvre créatrice de Dieu.

La guérison de ce paralysé vient briser une longue attente stérile : plainte, jalousie, déception enfermaient cet humain dans l’immobilisme. Jésus éveille en lui un désir neuf. C’est cette entrée en responsabilité, en capacité de répondre à la vie offerte, qui va mettre ce corps en marche. Et la « guérison » s’effectue vraiment quand l’homme debout reçoit le commandement : « Tu ne retourneras pas en arrière » ! C’est une sortie qui ne peut être que définitive, vers une libération intégrale, une sortie créatrice…

Tel est le « travail » de Jésus, prétexte du conflit avec les chefs religieux ; une œuvre égale à celle du Créateur, dans la mesure où elle suscite la vie, là où la mort défigurait l’image de Dieu en cet humain grabataire : « Le Père travaille sans cesse, et moi aussi je travaille ».

Or cette œuvre du Christ prend sa source dans un don total, un don de toute éternité : « Le Père aime le Fils et lui montre tout ce qu’il fait ». Pas de secret, pas de rivalité, pas de jalousie en Dieu, seulement une oblation de l’un dans l’autre, si entière qu’elle déborde d’elle-même dans le don vital de l’Esprit créateur de vie.

Le Père montre au Fils comment la vie se donne. La mission du Fils, notre mission de disciples, est de communiquer ce don sans mesure.

2 commentaires

  1. « MON PÈRE EST TOUJOURS À L’ŒUVRE, ET MOI AUSSI, JE SUIS À L’ŒUVRE » (Jn 5, 17-30). La relation avec DIEU ne va pas de tout repos ; car, la création exige de nous des efforts quotidiens et considérables. DIEU est toujours à l’œuvre, le Fils aussi ; il n’est donc pas question pour l’Homme de sombrer dans la paresse, de rester à ne rien faire. Car, le travail fait partie de notre vocation, puisqu’il éloigne de nous l’ennui, l’envie, le besoin. Le CHRIST guérit, relève des morts, nourrit, ravive l’espérance, afin que l’Homme soit fortifié dans sa foi et s’engage à sa suite, qu’il acquiert des armes nécessaires pour transformer le monde et prolonger l’œuvre divine. Suivre le CHRIST, c’est donc s’engager dans le projet de Salut, qui implique pour l’Homme le don total de soi. C’est pourquoi les grâces divines ne sont pas de simples prix octroyés par DIEU, encore moins des récompenses qui font de nous des privilégiés, mais bien plus, des énergies spirituelles qui nous insèrent dans le champ de l’action. Aussi longtemps que l’Homme gémit dans les douleurs de la mort, de la souffrance, prisonnier du mal, DIEU est sans repos. D’ailleurs, IL n’a pas d’endroit où reposer sa tête. À notre tour, notre engagement à la suite du CHRIST est une participation à l’œuvre divine, nous insérer dans son projet, prendre sur nous la responsabilité d’accompagner ceux qui souffrent, qui peinent et qui sont prisonniers du Mal. Ainsi, la chaîne de solidarité universelle, qui part de DIEU pour rejoindre l’Homme, n’est pas arrêtée par la paresse, la fatigue ou le découragement. Mais, en toute chose, nous devons prendre conscience de la grâce divine en nous et qui nous appelle à sortir de l’indifférence. DIEU est à l’œuvre, le Fils de même, et le monde est en croissance. Il nous revient de ne pas arrêter ni freiner cette croissance. Car, c’est aussi à travers elle que se réalise notre véritable humanité. Bonne journée de méditation et de travail
    Abbé ACHILLE KANDI, Archidiocèse de Bertoua

  2. frederic montloin

    en rendant honneur au Fils; nous rendons honneur au Père par leur Amour en l’Esprit.

    Heureux sommes nous de vivre avec Lui chaque jour!

Ajouter un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.