Luc 10, 38-42

Deux maîtres
Hospitalité à Manboukh, ©CSJ Mechref, Septembre 2018

« Chemin faisant, Jésus entra dans un village » (v.38). 

L’évangile lucanien qui est celui du chemin et en particulier de la montée vers Jérusalem, nous montre dans ce court récit de l’hospitalité de Marthe, Jésus qui s’arrête, prenant une pause dans sa mission, celle de son offrande sur la Croix. Car tel est son but. 
Ce qui intéresse Jésus, prophète, rabbi et Messie, c’est d’enseigner et de guérir les personnes qu’il rencontre, leur révéler qui il est, et d’annoncer le Royaume jusqu’au bout. 
Il n’est pas mentionné que Jésus est un intime de la famille, ni que l’invitation était programmée, ni le nom du village. Le lecteur s’imagine bien Jésus marchant et s’arrêtant parce qu’une porte s’est entrouverte pour lui. Il entre.
Ce qui préoccupe Marthe, c’est le service, l’accueil « oriental » et ses salamalecs. Dans sa culture, les signes moindres d’hospitalité sont d’embrasser, de laver les mains ou les pieds du visiteur, d’oindre sa tête et ses mains par l’huile d’olive. De plus, accueillir un rabbin est considéré comme un immense honneur. Il y a le verre d’eau, le café, les douceurs, le repas. Sa priorité est l’hospitalité formelle, et tout dans l’agitation de ses gestes et les récriminations contre sa sœur nous la présente en extériorité.
Ce qui fait asseoir Marie, aux pieds de Jésus, c’est l’accueil profond et intérieur qu’elle réserve à celui qu’elle reconnaît (de fait) comme Verbe de Dieu, assise dans une position de respect, écoutant dans la position humble du disciple. Elle symbolise l’orante, dans son service de l’hospitalité profonde, faire entrer Jésus dans son cœur. « l’homme ne vit pas seulement de pain, mais de tout ce qui vient de la bouche du Seigneur » (Dt 8,3 ; Lc 4,4).
Oui, Jésus est entré, mais en présence de Marthe, il était seul. Tandis qu’avec Marie, il vit pleinement la réciprocité de l’hospitalité lui avec elle et elle avec lui : « Voici que je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui ; je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi » (Ap 3,20).

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