Luc 1,39-56

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« En ces jours-là, Marie se mit en route et se rendit avec empressement vers la région montagneuse, dans une ville de Judée. Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth. » 

Épilogue du film de NourithAviv, Annonces :

« Je suis née sur cette terre où poètes et prophètes ont laissé des traces, des textes à interpréter. Je suis née sur ces lieux où des femmes ont entendu des annonces, des promesses pleines d’espoir. Les récits fondateurs peuvent être sources de violences, engendrer des guerres, des conflits sans fin. Mais ces fictions d’origines peuvent aussi être sources d’inspiration qui font naître d’autres récits à interpréter, à l’infini… »

Les récits fondateurs se nourrissent des nôtres. Ce sont nos douleurs, nos attentes, nos peurs, nos hontes, nos déceptions et nos joies qui leur donnent leurs couleurs. Si nous n’avons pas de récit, si nous nous interdisons de raconter le chemin du Verbe en nous, le mouvement de nos entrailles et nos rencontres, les récits fondateurs n’auront que le gris pour couleur et ce qu’ils annoncent ne sera que du vent. Du vent auquel nous voudrions absolument donner du sens. Or, donner du sens à partir d’un lieu qui n’a aucun sens n’engendre que violence. Est violent celui qui voudrait donner du sens à ce qui n’a pas de sens, surtout s’il est incapable de reconnaître son échec et de se tourner résolument vers l’unique lieu porteur et annonciateur des milles et une interprétation : celui de nos propres entrailles habitée par le Verbe, celui de la seule demeure possible de l’impossible.

Le récit me semble être une composante essentielle du chemin que Marie fait en hâte vers la maison de Zacharie et d’Elizabeth. À chacun son récit, à chacun son chemin de visitation.

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