Luc, 4, 16-30

 « Aujourd’hui », Jésus est à la synagogue de son village, il y fait la lecture et le commentaire. Rien d’étonnant pour ce juif pratiquant. L’Evangile nous dit qu’il « trouve » le passage d’Isaïe. Est-ce au hasard de la présentation du rouleau, au fil du calendrier de l’année liturgique, en fonction du thème du sabbat ou par intuition prophétique, voire messianique ? Qu’importe. Ce qui est proclamé est un texte retouché. Au gré de quelle autorité, audace, liberté, le texte du prophète a-t-il été remodelé ? En guise d’homélie, une seule phrase : « aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Ecriture que vous venez d’entendre ». Qu’est-ce qui dans « ce peu » a mis les auditeurs dans l’admiration et la reconnaissance des paroles de grâces qui sortent de la bouche de Jésus ? La lumière ne se porte plus d’abord sur le texte mais sur sa personne. Alors sourd de la contestation : comment celui que nous connaissons peut-il être Celui que Dieu a consacré de manière unique ? Jésus connaît les débats des cœurs et provoque son auditoire. Dans l’Ecriture, Il prend des exemples qui font mal aux bien-pensants. Il souligne que les prophètes ont souvent été envoyés hors frontières, qu’ils ont été chargés de mission pour des pauvres qui avaient le don lumineux de la confiance et pour eux, ils ont accompli des miracles : bonne nouvelle, libération, guérison, liberté rendue. Parole difficile à entendre ! Elle va jusqu’à attiser rage et violence, volonté de tuer celui qui parle ainsi. Jésus demeure souverainement libre, dans la glorification comme dans le rejet : « Aujourd’hui », où suis-je dans ce texte ? Invitée à proclamer, commenter, actualiser la Parole de Vie, avec l’humble audace de la remodeler dans le Souffle créateur ? Libre ou prisonnière du regard d’autrui ? Auditrice d’une nouvelle qui me propulse hors de mes zones de confort ? « Qui comme toi nous déplace, Seigneur, pour nous protéger de nos scléroses ? Qui mieux que toi peut nous faire la grâce des éternels recommencements ? » , nous ouvrir une année de grâce, puisque l’Esprit du Seigneur est sur toi et sur nous ?

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