Luc 7, 11-17

Un geste prophétique
Un fils unique est mort, et sa mère veuve le pleure. 
Comment ne pas reconnaître en ce drame, le mystère que nous célebrions, il y a quelques jours, la Croix glorieuse et Notre Dame des douleurs (où Marie communiant intimement à la passion de son fils, est associée à la gloire à venir) ?
Aujourd’hui, en méditant sur la douleur de la veuve de Naïm, le relèvement de son fils unique, et la compassion de Jésus les regardant, un lecteur attentif ne peut pas lire ce récit sans y voir comme une prémonition du grand drame des souffrances, de la mort, et de la Résurrection à venir.
Comme aux trois annonces de la Passion (Lc 9,22.43-45 ; 18,31-34) faites aux disciples, Jésus, en prophète (v.16), pose ici le geste, la parole pour donner le sens profond de ce qui attend ce fils, de ce qui l’attend lui, de ce qui attend l’humanité entière : son (leur) relèvement. 
En s’introduisant dans le cortège de la mort, et touchant le cercueil, il stoppe le mouvement, comme s’il stoppait le temps. Tout s’arrête. Retentit alors sa voix qui est un ordre. « Jeune homme, je te l’ordonne, lève-toi » (v.14). On ne discute pas contre la Vie, elle est la plus forte. Elle ordonne au jeune-homme de vivre, et Jésus le rend à sa mère : « femme, voici ton fils » (Jn 19,26).
Tout au fond des ténèbres et au plus bas de notre condition solidaire de pécheurs, il y a la compassion, la miséricorde et le Salut accordés par un plus grand que nous… Parce que Jésus, « cause du salut éternel » (He 5,9) réalisant, en son sacrifice, le désir du Père d’avant tous les siècles, nous introduit sur le même chemin que lui.
Ce texte nous rappelle qu’au pied de chaque croix, de chaque douleur de mère, il y a la présence d’une infinie tendresse, nous précédant, nous accompagnant et nous guettant plus loin. Elle embrasse et s’étend à tout le Corps du Christ passé, présent et futur, pour que nous passions de la table des pécheurs du monde ancien à ta table du banquet éternel, là où, relevés, nos larmes seront essuyés, la mort ne sera plus, et nous ne connaîtrons plus ni deuil, ni cri, ni souffrance (Ap 21,4).

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