Luc 7,31-35

« Mais la sagesse a été reconnue juste par tous ses enfants »

« A qui donc vais-je comparer les hommes de cette génération ? A qui sont-ils comparables ?»

Jamais le Seigneur ne cessera de se poser cette question, espérant que nous nous la posions à notre tour :
« Gamins assis au marché » ou « Enfants de la Sagesse » ?
Serions-nous invités à passer d’un côté à l’autre ? Où donc serait la porte ? Où donc serait la clef ?

Dans l’Evangile de ce jour, la voie semble sans issue. Israël semble n’avoir reconnu ni Jean le Baptiste, ni Jésus.
Là où Jean est en quête de Lumière pour éclairer sa foi, (7,19), « cette génération » s’installe publiquement dans l’inertie, l’indifférence, voir le mépris de tout « signe » et le rejet de tout ce «qui vient », peu importe le message, qu’il soit de fête ou de deuil !
« Ils sont semblables à des gamins assis au marché »

De plus, ils sont assis et se donnent en spectacle.
Notre monde moderne leur est assez semblable, non ?
Que de marchés ! Et que de marchands ! Et que d’acheteurs !
Désolant ! Dangereux ! Diabolique diront certains… Peut-être. Mais peut-être aussi signe d’une soif d’autre chose.
Et pourquoi cet attrait pour les philosophies de tous genres ? Des sagesses aussi. Il y a là un pas de plus par rapport à nos « gamins » de l’Evangile. Quelque chose que Jésus semble bien rejoindre d’une Bonne Nouvelle.
C’est que chez Lui rien n’est à vendre mais tout à recevoir. Il nous invite à être enfants de la Sagesse.
Au lieu de chercher à l’acquérir, c’est elle qui semble nous chercher.
Il est donc question de naissance, d’engendrement, de nouveauté. Il l’a dit à Nicodème. (Jn3)

Mais « on ne coud pas une pièce neuve à un vieux vêtement, pas plus qu’on ne met le vin nouveau dans de vieilles outres ». Ça aussi Il l’a dit. La « génération » de l’Evangile de ce jour et à laquelle nous ressemblons pas mal, a trop vieilli dans des attentes que ni Jean Baptiste, ni Jésus ne sont venus combler. Alors ils sont incapables de se mettre debout et de marcher, ils sont assis dans leurs traditions, leurs certitudes et leur morale.
Chrétiens d’aujourd’hui, sommes-nous différents ? Est-ce pour cela que nous sommes si peu contagieux ?
« Si vous ne redevenez pas comme les petits enfants vous n’entrerez pas dans le Royaume de Dieu »dit Jésus.
Les voilà les enfants de la Sagesse. Ceux qui ne sont pas assis dans leurs certitudes acquises mais disponibles au Dieu des surprises, puisque c’est le propre de l’Amour.
Alors, avec tous les chercheurs de sens, on se lèvera de la place du marché, pour nous asseoir à la table des enfants d’un même Père. Et même s’il faudra du temps, tout le temps, « pour Dieu mille ans sont comme un jour et un jour comme mille ans ».

Et ici sont la porte et la clef de l’Espérance : c’est que Dieu même, en Jésus,S’est un jour fait petit enfant !

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