Luc 9, 7-9

Qui es-tu ?

luc9_7-9
© CSJ 2016 Collégiale N.-D. du Roscudon, à Pont-Croix (Finistère),

Hérode est, pourrait-on dire, comme fasciné de tout ce qu’il entend de Jésus. Une sidération qui peut empêcher l’action ou même la pervertir, comme une proie devant son prédateur est prête à tout pour se défendre.
On sait d’ailleurs que ce qu’Hérode trouve à Jésus, il le trouvait également à Jean (Mc 6,20), et l’histoire nous dit aussi qu’au moment du discernement, il n’a pas hésité une seconde à le faire décapiter. Ce n’est pas très rassurant.

« Hérode ne savait que penser » (v.07). Il est troublé, et non pas dans la claire vision du cœur.
« Et il cherchait à le voir » (v.09), comme on attend une preuve. Son regard cherche à s’accaparer une autre vie, dans une forme de voyeurisme hanté par un meurtre. « Jean, je l’ai fait décapiter » (v.09).
« Qui est cet homme dont j’entends dire de telles choses ? » (v.09). La question pourrait nous émouvoir, mais quand on y réfléchit elle semble si loin de celle des disciples, posée dans une curiosité, soit, mais de confiance : « Maître –, où demeures-tu ? » (Jn 1,38), prête à tout pour le suivre.

Toute la différence, ce me semble, est dans le passage du « il » au « tu ». Le « qui est-il ? » de la presse à scandales n’a rien à voir avec le « qui es-tu ? » de l’épreuve de la rencontre et du dialogue. Un est extérieur et dangereux, l’autre est intime et riche de découvertes. Au jour de la résurrection, Thomas revendique lui aussi une expérience de chair et ne peut se satisfaire du « qu’en dira -t-on », pour confesser dans toute la vérité de son être : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » (Jn 20,28).

La véritable connaissance est forcément communion qui passe par une Visitation.

Un commentaire

Ajouter un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.