Marc 1, 7-11

Pour nous, avec nous

© Le-Pérugin-(XVème),-Le-Baptême-du-Christ-(Détail)

Quel mouvement intérieur a bien pu décider Jésus à s’inscrire dans les pas de ces hommes et femmes du pays de Judée et de Jérusalem, pour se faire baptiser par Jean, lui aussi, dans les eaux du Jourdain ? La chronologie du récit autorise cette question, l’induit même. Jésus vient-il à Jean, comme eux tous, « en confessant ses péchés » (v. 5) ?

Notre image du Fils de Dieu résiste à cette hypothèse, à juste titre. Pour autant, « tout Fils qu’il était » (V. 1 et Hb 5, 8), le pas qu’il pose a exigé de lui écoute et recherche en vue d’un ajustement libre à la volonté du Père.

Et pour Jésus, il semble que sa place soit là, au plus bas, avec nous, pour nous, alors que la confession des péchés, qui blessent notre monde, franchit si peu le seuil de nos lèvres, de notre conscience. Baptême assumé par Jésus donc, qui anticipe (v. 10) une autre descente et remontée des eaux définitivement victorieuses du mal et de la mort.

« Et aussitôt » (et non avant !) Jésus « vit les cieux se déchirer » (v. 10), réponse divine à la clameur séculaire et suppliante (Isaïe 63, 19) du peuple de l’Alliance auquel il appartient.

Ce qui lui est encore donné de « voir » (v. 10b et 11) est tout intérieur, et signe l’unification profonde et décisive de toute sa vie : Présence de l’Esprit (loin de toutes évidences et pourtant bien là) et Parole du Père faisant de Lui le Fils bien aimé. Toute sa vie sera un « demeurer » dans ce vouloir du Père sous l’action de l’Esprit.

Là est la source de sa « force » : « Vient derrière moi celui qui est plus fort que moi » (v.7). De quelle force s’agit-il ? « Le pouvoir de cet Enfant, Fils de Dieu et de Marie, n’est pas le pouvoir de ce monde, basé sur la force et sur la richesse ; c’est le pouvoir de l’amour. C’est le pouvoir qui crée, qui donne vie à toute créature, qui pardonne les fautes, réconcilie les ennemis, transforme le mal en bien. C’est le pouvoir de Dieu. Ce pouvoir de l’amour a porté Jésus Christ à se dépouiller de sa gloire et à se faire homme ; et il le conduira à donner sa vie sur la croix et à ressusciter des morts. C’est le pouvoir du service, qui instaure dans le monde le règne de Dieu, règne de justice et de paix » (Pape François, Bénédiction Urbi et orbi, Noël 2016).

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