Quelques verset plus haut, Jésus a annoncé combien il sera difficile à ceux qui ont des richesses d’entrer dans le Royaume de Dieu (Mc 10, 23-27). Et Pierre constate, peut-être avec un peu de fierté : « Voici que nous avons tout laissé et nous t’avons suivi » (v28). Il ne s’agit pas de laisser pour laisser, mais de laisser « à cause de moi et à cause de l’Évangile » (v29). Nous sommes au lieu d’un discernement.
La maison (lieu de vie) et le champ (moyen de vie) encadrent les relations familiales dans les deux énumérations que fait Jésus (v29 et 30). Mais il y a comme des trous : la relation au père disparaît au verset 30 ; si dans les deux énumérations, les enfants sont mentionnés, rien n’est dit du partenaire avec lequel on fait les enfants. Est-ce une allusion à une autre manière de donner la vie ?
Il s’agirait, non pas d’abandonner ce qui nous fait vivre, mais de ne pas le posséder comme des richesses, de laisser de l’espace au passage d’autre chose.
Dès maintenant, au temps présent (v30), Jésus promet de recevoir au centuple ce qui aura été laissé (non possédé). Qu’est-ce qui peut bien
fructifier au centuple ? N’est-ce pas le grain tombé dans la bonne terre (Mc 4, 8.14.20). La vie éternelle se cultive dès maintenant : « Faites-vous des amis avec le malhonnête argent, afin qu’au jour où il viendra à manquer, ceux-ci (les amis) vous accueillent dans les tentes éternelles (Lc 16, 9).
Choisir le Christ et l’Évangile n’est pas un choix facile face au poids de la culture, des traditions, des habitudes et conventions. Jésus en sait quelque chose (Mc 3, 20-21.31-35). Sa double promesse (au temps présent et dans le monde à venir) nous aide à tenir bon dans la persécution, à demeurer fidèle au choix d’avoir laissé « à cause de moi et à cause de l’Évangile » .
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