Marc 16, 15-20

« Quelle ascension ! » dit-on parfois d’un itinéraire professionnel fulgurant. Mais le langage courant nous éloigne parfois des mystères de la foi.

Rien d’éclatant ou d’illustre dans l’Ascension de Jésus, mais plutôt le pendant salutaire de la « descente aux enfers » de Celui qui « de condition divine, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu », mais, « devenant semblable aux hommes, s’humilia plus encore, obéissant jusqu’à la mort et la mort sur une croix » (Ph 2, 6-8).

Avant d’être « soustrait aux yeux de ses disciples » (Ac 1, 9), Jésus les envoie (paradoxalement) en mission, alors qu’ils doutent, afin qu’ils « proclament l’Evangile à toute la création (Mc 16, 15).  Et cette Bonne Nouvelle se décline par les signes qui accompagnent ceux qui croient, laissant se déployer un monde sans esprits mal intentionnés (v 17), sans dangers (les poisons et les serpents), sans maladies (v 18), bref, un monde libéré de toute peur et forme de mort.

Mais à regarder notre monde, tant par la fenêtre qu’à l’intérieur de notre propre maison, comment croire à une telle promesse ?

En nous souvenant que « le monde qui s’ébauche dans l’Evangile d’aujourd’hui est un monde désormais travaillé de l’intérieur par une réalité neuve, présente mais dérobée à nos prises, l’humanité de Jésus-Christ incarnée dans la gloire du Père ». Le Verbe fait chair a initié définitivement un travail d’enfantement à l’œuvre. «L’Ascension de l’univers s’accomplit à travers des gestes furtifs de salut et de paix » (Christian de Chergé), dont nous sommes témoins, bien que « de nuit ».

 

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