Marc 4, 1-20

Il nous est donné aujourd’hui de contempler Jésus qui enseigne. Deux groupes d’auditeurs semblent se dessiner : d’une part, « une foule très nombreuse » (Mc 4, 1), acculant Jésus à quitter la terre ferme pour une barque ; ce premier « groupe » est aussi identifié plus loin comme « ceux-là qui sont dehors » (v 11) ; et d’autre part, « ceux de son entourage avec les Douze » qui ont besoin, eux aussi, d’éclaircissements sur ladite parabole (v 10), quand bien même « le mystère du Royaume de Dieu leur a été donné » (v 11).

Mais l’enseignement de Jésus est pour tous. Car il est celui qui « est sorti pour semer » (v 3). Sortir, n’est-ce pas déjà rejoindre ceux du dehors ? Et en bon pédagogue, Jésus choisit le mode parabolique à leur intention. L’explication de la parabole sera pour le cercle rapproché du maître. Dans quel groupe d’auditeurs nous situer ?

Le génie de la narration est de faire migrer le lecteur dans tous les rôles, s’il veut bien s’y prêter, car notre penchant est souvent de nous figer dans un seul personnage (avec une préférence pour les beaux rôles…). De surcroît, la parabole elle-même démultiplie les acteurs, figures des bonnes et mauvaises terres où tombe la semence.

A se prêter à ces jeux de rôles, nous devenons des hommes et des femmes avisés quant à leur rapport à la Parole de Dieu.

 Vitrail-du-Séminaire-de-Tournai

Le point de départ, Bonne Nouvelle en soi, est la grande générosité et confiance du semeur. Il sème largement sans compter. Telle est encore aujourd’hui la trajectoire de la Parole voulue par le Seigneur : il n’est aucun lieu de notre cœur, de notre monde, où la semence ne peut trouver place. Aux yeux du semeur, toute terre est terre d’espérance.

Il semble que ce qui nous est dit de la bonne terre, à l’inverse du bord du chemin, des terrains rocheux et zones épineuses, donne une clé de lecture : celle de la fécondité qui va de pair avec le temps de la maturation : « d’autres grains sont tombés dans la bonne terre et, montant et se développant, ils donnaient du fruit, et ils ont rapporté trente pour un, soixante pour un, cent pour un » (v 8).

Quels dangers guettent les écoutants que nous voulons être ?

Se faire subtiliser la Parole par « le Satan « qui toujours rôde, comme un lion rugissant » (1 P 5, 8). A l’image de Marie, « conservons avec soin toutes ces choses, les méditant en notre cœur » (Lc 2, 19) jusqu’au temps de leur accomplissement.

Etre des hommes et des femmes « d’un moment », plutôt que ces arbres plantés au bord des eaux qui tendent leurs racines vers le courant : ils ne redoutent rien quand arrive la chaleur, leur feuillage reste vert ; dans une année de sécheresse, ils ne cessent de porter du fruit » (Jr 17, 4).

Manquer de biner la terre, au jour le jour, dans la durée, pour ôter ce qui étouffe la semence. A l’image de « l’autre » Marie, cessons de nous soucier et agiter pour tant de choses alors qu’il en faut peu, une seule même, la meilleure part qui ne nous sera pas enlevée (Lc 10, 39.42).

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