Marc 5, 1-20

Déchaîné

Tout commence par une prise de distance par rapport à une terre sainte. « L’autre » rive, « l’autre » côté, le pays des Géraséniens. De plus, Jésus « sort » de l’espace dans lequel il est entouré de disciples, de proches. Aussitôt surgit depuis le lieu des morts, un homme possédé, démoniaque, quelqu’un que rien ni personne ne peut maîtriser. La scène est digne d’un film d’épouvante : fers arrachés, blessures, cris, tombeaux. Est-ce encore un homme, cet être possédé ? La question sourd tout au long du récit, même dans le face à face avec Jésus. Mais qui est l’interlocuteur ? Avec autorité, Jésus opère le discernement et sépare : « Sors de cet homme, esprit impur ! » Mais il faudra encore du temps pour que ce Gérasénien ne soit plus réduit à être appelé possédé. Ce qui entrave son humanité doit d’abord être nommé : confusion, foultitude sans nom propre, qui ne trouvera son lieu que dans un troupeau de porcs et au fond de l’en-bas du mal, dans la mer.

L’événement attire auprès de Jésus. On s’interroge, on craint, on raconte l’histoire. Quelle histoire ? Celle d’un homme libéré ou celle d’un possédé ? Va-t-on inviter Jésus, le fréquenter ? Ces questions demeurent bien actuelles, et les réponses restent ouvertes. Ce qui est certain, c’est que Jésus n’impose pas sa présence. Il remonte dans la barque, sans doute pour « traverser » à nouveau. Et celui qu’il a littéralement dé-chaîné, libéré de ses entraves, ne peut demeurer avec son libérateur. Il est envoyé chez lui, dans sa maison, invité à annoncer la miséricorde du Seigneur. Le voici redevenu un homme, seulement et pleinement un homme, recréé dans et par la relation à Jésus, libre par lui et libre de lui. Demeure la tâche de faire comme lui œuvre de libération.

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