Matthieu 10,1 – 7

« En chemin proclamez que le Règne des cieux c’est approché »
C’est bien la pitié de Jésus pour les foules sans berger, l’abondance de la moisson et le manque d’ouvriers, qui poussent Jésus à « faire venir à Lui ses douze disciples », à « les approcher de Lui », à « les appeler », chacun par son nom, pour les envoyer, tels qu’ils sont. (9,36 ss)
Ni extraordinaires, ni parfaits, loin de là. Pas des gens fiables à vrai dire. Pas vraiment non plus « le gratin » de la société de l’époque, pas des érudits ni des lettrés ; ni Pharisiens, ni Prêtres… Pas ceux qu’on aurait choisis. Et ceux qui sont « qualifiés » ne sont pas avantagés !

N’a-t-il vraiment pas trouvé mieux, Jésus ? Il a préféré prendre de ces « petits qui sont ses frères » à qui Il peut révéler le Royaume de son Père, parce qu’ils sont en manque ; de ces « brebis sans berger qu’Il est venu chercher ». Ceux qui se savent « perdus » et qui ont besoin de conversion, de salut. Ceux qui, blessés et malades dans leur propre chair, leur propre histoire, font l’expérience de la miséricorde pour devenir fils du Père et s’ouvrir à la fraternité universelle.
Est-ce pour cela que Jésus a choisi des « frères » et des « fils », des « duos », (V.2 – 4) des êtres en relation, qui mesurent qu’ils ne sont pas tout ; des « insuffisants » qui n’existent que par leurs liens et en connaissent la fragilité et la richesse ?

C’est un « corps » constitué que Jésus envoie en mission : « les douze ». Ils sont l’Israël Nouveau, qui devient bénédiction de la Nouvelle Alliance à communiquer « à partir de Jérusalem ». C’est pourquoi ils sont d’abord envoyés « vers les brebis perdues de la maison d’Israël ». Cela peut nous choquer.
Jésus lui-même le dira à la Cananéenne. Mais cette femme audacieuse dans sa foi lui ouvrira le chemin : « C’est vrai Seigneur ; et justement les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres » (Mt 15, 21 – 28) Mt l’écrit pour les communautés chrétiennes issues du Judaïsme et l’Eglise a toujours à se remettre en question face aux tentations de replis identitaires !
« En chemin proclamez que le Règne des Cieux s’est approché » dit Jésus aux douze. Aujourd’hui comme hier il « s’approche » en cette part d’autorité que nous confie le Maître : chasser tout esprit du mal pour laisser place à l’Esprit Saint afin qu’il guérisse en ce monde toute forme de maladie et toute infirmité et mette les hommes debout.
Laissons notre pape François nous le rappeler :

« Je vois avec clarté que la chose dont a le plus besoin l’Église aujourd’hui c’est la capacité de soigner les blessures et de réchauffer le cœur des fidèles, la proximité, la convivialité. Je vois l’Église comme un hôpital de campagne après une bataille. Il faut soigner les blessures. Il faut commencer par le bas. L’Église s’est parfois laissée enfermer dans des petites choses, de petits préceptes. Le plus important est la première annonce : “Jésus Christ t’a sauvé »
« Nous devons annoncer l’Évangile sur chaque route, prêchant la bonne nouvelle du Règne et soignant, aussi par notre prédication, tous types de maladies et de blessures.

REVUE ETUDES d’Octobre 2013 – Interview du pape François – page : 8

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