Matthieu 11, 28-30

« Venez à moi » (Mt 11, 28) …. Rien dans cet appel de Jésus n’est de l’ordre du « ramener à soi ». Sa relation d’intimité avec le Père et la révélation aux hommes de cet amour filial dont il vit est le ressort profond de toute la vie de Jésus. Il renvoie sans cesse au Tout-Autre.

Pour autant, la réponse à cet appel, et le déplacement qu’il représente, est un fameux défi pour les contemporains de Jésus, fidèles à la Loi de Moïse et à la tradition de leurs Pères.

Mais Celui qui a fait don de la Loi à Moïse (Ex 24, 12 ; 31, 18), a fait le don de son Fils aux hommes : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé qui a toute ma faveur » (Mt 3, 17).

Tout homme poussé intérieurement à devenir disciple de Jésus est invité à se mettre à « son » école. D’où vient que cette invitation soit assortie d’une promesse de repos pour l’âme, de légèreté et d’aisance dans le partage du joug de Jésus ?

Seule l’expérience de chacun y répondra. Jean de la Croix nous a partagé la sienne. Dans La montée du Carmel, il dit traiter de « la manière dont l’âme pourra se disposer à arriver promptement à son union avec Dieu », désir par excellence de tout cœur contemplatif. Le chemin ? Avant de nous le décrire longuement, à partir de son expérience, Jean de la Croix le synthétise ainsi : Dans la Montée du Carmel, « on donne des avis et enseignements très utiles à ceux qui commencent aussi bien qu’à ceux qui ont déjà réalisé beaucoup de progrès, afin qu’ils sachent se débarrasser de tout ce qui n’est pas spirituel, ne point s’embarrasser de ce qui est spirituel et demeurer dans cette profonde nudité et liberté d’esprit que requiert l’union divine ».

« Se débarrasser, ne point s’embarrasser de », l’opposé même de ces jougs que nous nous inventons parfois. « De la sorte, l’âme est dégagée sous les deux rapports, mais même sous le second rapport, le spirituel, elle ne trouve plus obstacle à suivre le chemin étroit, car, ainsi que le dit le Sauveur, il n’y a plus que le renoncement avec la Croix qui est le bâton sur lequel elle s’appuie et avec lequel sa marche devient merveilleusement facile et aisée. Ainsi Notre Seigneur a dit dans saint Matthieu : « Mon joug est suave et mon fardeau léger », c’est-à-dire, ma Croix est douce à porter » (Jean de la Croix, La montée du Carmel, L II, ch. 6).

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