Matthieu 16, 13-19

Solennité des apôtres Pierre et Paul
Notre Eglise d’occident a été bâtie sur l’autorité de Pierre et de Paul ; pas celle de Pierre seule, mais celle de Pierre et de Paul. Mais, comme l’Evangile de ce jour ne nous parle pas de ce dernier, c’est avec Pierre que nous cheminerons.
Avant de donner une charge dans le Royaume, Jésus pose une condition : l’avoir reconnu pour ce qu’Il est en vérité, ou au moins avoir commencé à en deviner quelque chose. C’est la raison de la question qu’Il pose à ses apôtres. Pierre, le plus impulsif, prend la parole, sans comprendre toute la portée de sa réponse, celle qu’elle revêt sous l’influence de l’Esprit et la révélation du Père.
Depuis ce moment, Pierre jouit d’une prééminence. De nombreuses traces existent dans les écrits du Nouveau Testament. D’où lui vient cette primauté ?
La réponse se trouve en partie dans le récit de la confession de Pierre : c’est sur la révélation reçue par Pierre que Jésus veut bâtir son Eglise et qu’Il lui accorde un pouvoir de lier et de délier. Mais il existe d’autres réponses plausibles et complémentaires.

Au matin de Pâques, Pierre a le privilège d’une apparition personnelle, peut-être la première à en croire 1 Co 15, 5. Mais à vrai dire, cette priorité lui est contestée par une femme ! (Marc 16, 9) Quoi qu’il en soit, Pierre et Marie-Madeleine, ces deux candidats à la primauté, peuvent être rapprochés parce qu’ils sont tous deux pécheurs pardonnés. (Luc 7, 36-50 et Marc 14, 66-72)
La primauté de Pierre aurait-elle affaire à cette primauté dans le pardon reçu ? Précéderait-il dans l’Eglise parce qu’il nous aurait précédés dans le péché comme dans le repentir et le pardon reçu ? C’est l’explication trouvée dans l’encyclique « Ut unum sint » consacrée à l’œcuménisme. Dans les Evangiles, le rôle de Pierre est toujours lié à l’affirmation réaliste de sa faiblesse.
Mais c’est Jésus lui-même qui a fait le lien entre Pierre pécheur et Pierre ‘premier pape’, dans un passage tout aussi explicite sur la primauté que Luc est seul à rapporter : « Simon, Simon, voici que Satan vous a réclamés comme le froment ; (…) quand tu seras revenu, affermis tes frères ! » (Luc 22, 31-34). La tentation est au pluriel, mais le premier repentir et la première conversion sont le privilège de Pierre.
(Très inspiré d’un commentaire d’André Louf)

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