LA VRAIE VIE
« Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie » (Jn 13). Était-ce ce refrain qui montait aux lèvres du Pape Sixte et des quatre diacres, compagnons de martyre, lorsqu’ils furent décapités au cimetière de Calliste, sous la persécution de l’empereur romain Valérien, alors qu’ils célébraient l’eucharistie ? L’histoire sainte les associe à saint Cyprien et saint Laurent et donne raison aux derniers versets de l’évangile médité en ce jour.
Oui, il y a une tendresse du Ciel qui n’abandonne jamais ceux qui ont mis leur foi dans le nom de Jésus « Dieu sauve », et une cité céleste où la gloire de Dieu rayonne et donne à contempler pour l’éternité le Visage de l’Amour.
« Car le Fils de l’homme va venir avec ses anges dans la gloire de son Père ; alors il rendra à chacun selon sa conduite. Amen, je vous le dis : parmi ceux qui sont ici, certains ne connaîtront pas la mort avant d’avoir vu le Fils de l’homme venir dans son Règne » (Mt 16,28).
Cette espérance du Ciel conduit l’âme à chercher la vraie vie (celle que Dieu donne). La vie éternelle qui éclaire et dirige le cœur du croyant, le poussant à s’élever au dessus de lui même, et n’avoir plus d’autre amour que pour Dieu, la Source de tout amour humain, aujourd’hui, maintenant et dans le quotidien de notre vie.
« Que pourra donner l’homme en échange de sa vie ? » nous questionne Jésus. Ce ne sont ni nos bonnes actions ni nos péchés qu’il attend, car Dieu reste toujours plus grand que notre cœur. Il nous attend nous, il attend toute notre vie, notre personne entière en offrande d’amour. Il attend que nous lâchions tout, que nous soyions les grands perdants de nous-mêmes, que nous nous abandonnions à Lui, que nous nous livrions nous-mêmes, comme lui-même s’est livré, obéissant jusqu’à la mort sur la croix.
Ainsi, « marcher à sa suite », « renoncer à soi-même », « prendre sa croix », « le suivre » : c’est le trouver ! Trouver la vraie vie qui ne finit pas, trouver l’Amour qui ne passera jamais, à chaque pensée, parole ou action de don, de pardon, et d’abandon que nous vivons unis à lui. Comme le chante magnifiquement sainte Thérèse de Lisieux : « Vivre d’Amour, quelle étrange folie!» Me dit le monde, […] T’aimer, Jésus, quelle perte féconde !… » (PN 17, §13).
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